La rougeole est une maladie infectieuse causée par un virus (le virus de la rougeole, appartenant au genre Morbillivirus). Elle se transmet d'une personne à une autre par des gouttelettes respiratoires et par aérosols (lorsqu'une personne tousse, éternue ou parle). La rougeole est très contagieuse : une personne infectée peut en infecter de nombreuses autres (le nombre reproductif de base R0 est élevé).

Signes et symptômes

Après une période d'incubation de 7 à 14 jours (parfois jusqu'à 21 jours), la maladie débute généralement par un tableau dit « prodromique » comportant :

  • fièvre élevée,
  • toux,
  • écoulement nasal (rhinorrhée),
  • conjonctivite (yeux rouges et larmoyants),
  • de petites taches blanchâtres caractéristiques sur la muqueuse buccale appelées taches de Koplik (parfois visibles avant l'apparition de l'éruption).

Quelques jours après, apparaît une érythème maculopapuleux (éruption rouge, en relief) qui débute souvent sur le visage et derrière les oreilles, puis se généralise vers le tronc et les membres. L'éruption dure généralement plusieurs jours. Elle peut s'accompagner de démangeaisons, mais pas toujours d'une forte irritation.

Contagion et période infectieuse

  • La personne infectée est contagieuse environ 4 jours avant l'apparition de l'éruption et jusqu'à 4 jours après son début.
  • La transmission se fait principalement par voie aérienne (gouttelettes et aérosols) et par contact direct avec des sécrétions respiratoires.
  • La rougeole se propage très facilement dans les milieux clos (foyers, écoles, crèches, services de santé) lorsque la couverture vaccinale est insuffisante.

Complications possibles

La plupart des personnes guérissent sans séquelles, mais la rougeole peut entraîner des complications, parfois graves :

  • otite moyenne (infection de l'oreille moyenne),
  • pneumonie (la complication la plus fréquente et la principale cause de décès liés à la rougeole),
  • encéphalite aiguë (inflammation du cerveau),
  • SSPE (encéphalite subaiguë sclérosante panencéphalite), une complication rare mais mortelle qui peut survenir plusieurs années après l'infection),
  • risque accru de fausse couche ou d'accouchement prématuré si la mère est infectée pendant la grossesse,
  • risques accrus chez les personnes malnutries ou carencées en vitamine A.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic repose sur l'examen clinique (symptômes caractéristiques et éruption) et peut être confirmé par des analyses (sérologie pour les anticorps IgM, PCR sur prélèvement respiratoire). Il n'existe pas d'antiviral spécifique de routine efficace et sûr pour la rougeole chez la majorité des patients ; la prise en charge est principalement symptomatique et de soutien :

  • repos, hydratation, antipyrétiques comme le paracétamol ou l'ibuprofène pour la fièvre et les douleurs (éviter l'aspirine chez l'enfant),
  • traitement des surinfections bactériennes si elles surviennent (antibiotiques adaptés),
  • administration de vitamine A recommandée par l'OMS pour tous les enfants atteints de rougeole dans les pays où la carence en vitamine A est fréquente ou en cas de maladie sévère (diminue la morbidité et la mortalité). Dans certains pays, la vitamine A est recommandée systématiquement chez l'enfant malade.

Prévention — le vaccin

Le moyen le plus efficace de prévenir la rougeole est la vaccination par un vaccin vivant atténué combiné : le vaccin ROR (ou MMR en anglais, pour rougeole-oreillons-rubéole). Quelques points importants :

  • Efficacité : une dose protège environ 93 % des personnes, deux doses environ 97 %.
  • Schéma : la plupart des programmes recommandent deux doses. La première dose est généralement administrée entre 9 et 15 mois selon les recommandations nationales, la deuxième dose plusieurs mois ou années plus tard (souvent avant l'entrée à l'école). En cas d'interventions de rattrapage, deux doses peuvent être administrées avec un intervalle minimum (par exemple 4 semaines).
  • Sécurité : les effets indésirables sont habituellement bénins (fièvre transitoire, légère éruption, douleur au site d'injection). Les réactions graves sont très rares.
  • Contre‑indications : grossesse (vaccin vivant) et immunodépression sévère. Les femmes non immunisées devraient recevoir le ROR après l'accouchement si possible. Signalez toute allergie grave à un composant du vaccin au professionnel de santé.
  • Impact collectif : une couverture vaccinale élevée protège la population (immunité collective) et prévient les épidémies. Lorsque la couverture baisse, des flambées peuvent survenir.

Mesures après exposition

  • Si une personne non vaccinée ou non immunisée est exposée, le vaccin administré dans les 72 heures suivant l'exposition peut prévenir ou atténuer la maladie.
  • Pour les personnes à haut risque (nou‑nés, femmes enceintes non immunisées, personnes immunodéprimées) et non immunes, on peut proposer une immunoglobuline (injection d'anticorps) dans les 6 jours suivant l'exposition pour réduire le risque ou la gravité de la maladie.
  • Les personnes atteintes devraient être isolées (à domicile ou en milieu médical) pendant la période infectieuse (jusqu'à 4 jours après l'apparition de l'éruption) pour limiter la transmission.

Différence entre rougeole et rubéole

La rougeole (measles) est différente de la rubéole (rougeole allemande). Ce sont deux virus distincts, avec des symptômes, des risques et des complications différents. Le vaccin ROR protège contre les deux maladies (et contre les oreillons) grâce à sa formulation combinée.

Quand consulter

  • Consultez un professionnel de santé si vous ou votre enfant présentez : fièvre élevée, éruption cutanée associée à toux, conjonctivite et écoulement nasal, ou si vous avez été exposé à une personne atteinte de rougeole.
  • Recherchez une aide médicale rapide en cas de difficultés respiratoires, somnolence inhabituelle, convulsions, déshydratation ou signes d’aggravation.

Enfin, la rougeole est une maladie à déclaration obligatoire dans de nombreux pays : en cas de suspicion, informez votre médecin afin que des mesures de santé publique (dépistage des contacts, vaccination de rattrapage, isolement) puissent être mises en place pour limiter la propagation.