Le code client de Royal Mail 4 State (souvent abrégé RM4SCC) est un code à barres bidimensionnel développé par Royal Mail (Royaume‑Uni) pour automatiser le tri du courrier. Il sert principalement à encoder les codes postaux et d'autres identifiants de tri sur les lettres et colis afin d'être lus à très grande vitesse par des machines de traitement du courrier. Le même principe, ou des variantes, est utilisé dans d'autres pays et par d'autres opérateurs postaux.

Structure et principe d'encodage

Le RM4SCC est composé d'une suite de barres verticales. Chaque barre peut se trouver dans l'un des quatre états suivants :

  • Tracker (barre courte, centrée) : ni extension vers le haut, ni vers le bas ;
  • Ascender : la barre s'étend vers le haut ;
  • Descender : la barre s'étend vers le bas ;
  • Full height (ou « full ») : la barre s'étend à la fois vers le haut et vers le bas.

Chaque caractère est codé par un groupe de quatre barres. Le jeu de caractères comprend 36 symboles (les 10 chiffres 0–9 et les 26 lettres A–Z). Pour chaque caractère, exactement deux des quatre barres sont orientées vers le haut et deux vers le bas, ce qui facilite la détection et la synchronisation lors de la lecture.

Caractères de début/fin, somme de contrôle

Le RM4SCC utilise des symboles de début et de fin (« start » et « stop ») pour délimiter la chaîne destinée à la lecture automatique. Le code incorpore également un caractère de contrôle (somme de contrôle) calculé à partir des caractères précédents et codé comme un caractère supplémentaire dans la chaîne.

La somme de contrôle est calculée selon le principe suivant : on associe à chaque caractère une valeur numérique dans l'intervalle 0–35 (par ex. 0–9 pour les chiffres, puis 10–35 pour A–Z), on additionne ces valeurs et on choisit le caractère de contrôle qui rend la somme finale divisible par 36 (i.e. somme modulo 36 = 0). Ce mécanisme permet de détecter des erreurs de lecture ou d'impression simples.

Variantes et standards

Plusieurs systèmes similaires existent. Par exemple, PostNL (anciennement TNT Post) utilise un système appelé KIX (Klant index) qui encode aussi l'adresse et le code postal mais diffère sur certains points : KIX n'utilise pas de caractères de début/fin explicites et n'inclut pas de somme de contrôle dans sa version standard.

Au niveau international, l'Union postale universelle (UPU) publie des recommandations techniques et opérationnelles pour l'utilisation des codes destinés au tri postal, y compris des directives relatives à la mise en œuvre et l'interopérabilité de systèmes tels que le RM4SCC.

Impression, lecture et tolérances

Le RM4SCC a été conçu pour être imprimé et lu à très grande vitesse. Les systèmes de tri modernes imposent des contraintes mécaniques et optiques :

  • les barres ont des largeurs et espacements basés sur une « unité » (module) fixe ;
  • une zone silencieuse (quiet zone) sans encre est requise avant et après le code pour assurer une détection correcte ;
  • hauteur minimale et contraste d'impression sont spécifiés pour garantir la lisibilité ;
  • les imprimantes à grande vitesse ou les procédés d'impression industrielle provoquent souvent de légères courbures ou variations d'encre : cela est normal et le code reste lisible grâce à la tolérance du lecteur.

Pour des impressions fiables, il est recommandé d'utiliser des impressions à bonne résolution, un contraste élevé (noir sur fond clair), et de respecter les spécifications techniques fournies par Royal Mail ou par l'opérateur postal concerné.

Utilisations courantes et limites

Le RM4SCC est principalement utilisé pour le tri automatique du courrier entrant et sortant, l’acheminement en centre de tri et la distribution finale. Il n'est pas destiné à remplacer les éléments lisibles par l'humain (adresse postale), mais à compléter et accélérer les processus automatisés.

Limitations :

  • format dédié au domaine postal — peu adapté aux usages généraux d'inventaire ou aux systèmes non postaux sans adaptation ;
  • nécessité de respecter précisément les règles d'encodage et d'impression pour garantir une lecture fiable.

Ressources et spécifications

Pour une mise en œuvre pratique (tables d'encodage, motifs start/stop, dimensions exactes, exigences de contraste, calcul détaillé de la somme de contrôle), consultez la documentation technique fournie par Royal Mail et les recommandations techniques de l'UPU relatives aux codes pour le tri postal. Ces documents donnent les spécifications officielles et les tolérances à respecter pour une intégration fiable dans des flux postaux automatisés.

Remarque : comme le code est destiné à une lecture à grande vitesse et à des procédés d'impression rapides, l’apparence visuelle (légère courbure des traits, variations d’encre) n’affecte pas nécessairement la lisibilité — c’est un comportement attendu et pris en compte par les lecteurs optiques.