Les accusations
En 399 avant J.-C., alors que Socrate était un vieil homme, trois citoyens - Meletus, Anytus et Lycon - ont porté des accusations contre Socrate. Un procès a eu lieu. Dans l'Athènes antique, la procédure était très différente de celle d'aujourd'hui. Il y avait un jury de 500 hommes choisis parmi les citoyens. Les accusateurs et le défendeur devaient s'adresser en personne au jury. La culpabilité ou l'innocence était décidée à la majorité des voix. Il n'y avait pas de peine prédéfinie si le verdict était "coupable". L'accusateur et le défendeur devaient faire des discours pour proposer la peine à infliger. Là encore, un vote a eu lieu. p17
Deux accusations ont été portées contre lui. Le thème général était que Socrate était une menace pour la société. La première accusation était l'hérésie, l'incrédulité aux dieux. Il était probablement destiné à causer des préjugés parmi les jurés. En fait, Socrate observait toutes les procédures correctes de la religion de son temps. Cette accusation avait été utilisée avec succès contre un autre philosophe, Anaxagore. p17
La deuxième accusation est qu'il a corrompu la jeunesse avec ses enseignements. Qu'entendait-on par là ? Apparemment, il ne s'agissait pas de sa relation personnelle avec ses élèves. Il s'agissait de la manière dont on pensait qu'il influençait leurs opinions politiques. Son cercle comprenait un certain nombre d'aristocrates de droite dont les idées étaient désormais rejetées par la plupart des citoyens. Le brillant Alcibiade, autrefois grand chef d'Athènes, était désormais considéré comme un traître. p17
Le procès
Criton, un ami de Socrates, a payé illégalement les gardiens de prison pour permettre à Socrates de s'échapper. Socrate, cependant, a décidé de ne pas s'évader. Lorsque Socrate a été jugé, il a prononcé un long discours pour se défendre contre les accusations du gouvernement d'Athènes.
Nous avons la version de Platon sur la façon dont Socrate s'est défendu, dans les Apologia. Elle commence :
"Je ne sais pas quel effet mes accusateurs ont eu sur vous, messieurs, mais pour ma part, ils m'ont emporté ; leurs arguments étaient si convaincants. D'autre part, à peine un mot de ce qu'ils ont dit était vrai". p19
La phrase
Lorsqu'on lui a demandé de proposer sa punition, Socrate a déclaré que le gouvernement devrait lui offrir des dîners gratuits pour le reste de sa vie pour tout le bien qu'il a fait pour la société. Le tribunal a tenu un vote entre donner à Socrates une amende à payer ou le mettre à mort. Le verdict a été que Socrates devait être mis à mort.
Mort de Socrates
Socrate ne craignait pas la mort. Il n'a pas essayé d'éviter la mort en s'excusant de ses actes parce qu'il pensait qu'il était moralement juste de respecter ses principes. Socrate a reçu l'ordre de boire une tasse de ciguë (un liquide toxique provenant de la plante). Il en a bu et est mort peu après.
Platon sur le procès et la mort de Socrate
Il existe plusieurs dialogues de Platon qui traitent directement du procès de Socrate et de la période qui a précédé sa mort. Ils sont, dans l'ordre des événements :
- Apologia, ou Les Excuses. Il s'agit notamment de la défense de Socrate lors de son procès. Elle est considérée comme précise sur le fond, et peut-être dans les détails.
- Crito. Il s'agit du mois entre son procès et sa mort. Socrates explique notamment à son ami Criton pourquoi il ne va pas s'échapper, ou permettre à ses amis de soudoyer le geôlier.
- Phaedo. Il s'agit d'un travail ultérieur. Il est écrit comme par un témoin oculaire du dernier jour de la vie de Socrate. Dans l'ouvrage, Phèdre d'Élie rapporte à un groupe d'amis ce que Socrate a dit le dernier jour de sa vie. C'est ce qu'on appelle un "dialogue rapporté" ou un dialogue à l'intérieur d'un autre. Le Phaedo est plus long que les deux autres œuvres.