Vue d'ensemble
Le cylindre d'un revolver est la pièce cylindrique percée de plusieurs chambres destinées à recevoir des cartouches. Fixé sur un axe, il tourne pour aligner successivement chaque chambre avec le canon et la chambre de mise à feu. Son existence est au cœur de la conception du revolver et définit en grande partie son ergonomie, sa capacité de charge et ses procédures de rechargement.
Structure et composants
Un cylindre typique comporte plusieurs éléments et caractéristiques fonctionnelles :
- Chambres : logements percés pour recevoir les cartouches.
- Axe : broche centrale ou logement autour duquel le cylindre pivote.
- Notchs / encoches : découpes sur la périphérie pour verrouillage par la pièce d'arrêt (cylinder stop).
- Roue dentée/rochet : surface arrière mise en prise par la main (pawl) pour indexer la rotation.
- Tige d'éjecteur et étoile d'éjection : sur certains modèles, elles servent à extraire simultanément les étuis.
Fonctionnement
Lorsque la queue de détente est armée ou que la crosse est actionnée, une came ou une pièce mobile pousse la main qui engrène dans le rochet du cylindre ; cela provoque l'incrémentation d'une position vers la chambre suivante. Une pièce d'arrêt vient alors s'engager dans une encoche pour immobiliser le cylindre précisément en face du canon. Le jeu entre la face arrière du cylindre et le boîtier (le "cylinder gap") laisse échapper une partie des gaz à chaque tir, ce qui est normal et pris en compte lors de la conception.
Types de cylindres et variantes historiques
On trouve plusieurs configurations selon l'époque et le modèle :
- Barillet fixe avec trappe de chargement : typique des revolvers à simple action classiques, où chaque cartouche est insérée individuellement par une trappe latérale.
- Barillet basculant (swing-out) : le cylindre bascule sur le côté pour permettre un éjection et un rechargement rapides; très répandu sur les revolvers modernes.
- Top-break (basculant vers le haut) : l'armature se plie et l'éjecteur provoque l'extraction simultanée des étuis.
- Systèmes particuliers : certaines conceptions historiques, comme le dispositif Nagant, intègrent un dispositif d'étanchéité des gaz entre la cartouche et le canon.
Capacité et munitions
La capacité du cylindre varie : le « six coups » est devenu un standard populaire, mais il existe des petits cadres à cinq coups, ainsi que des cylindres de calibre .22 offrant souvent neuf ou dix chambres. Les revolvers utilisent généralement des cartouches à bourrelet (rimmed) qui assurent le positionnement axial dans la chambre. Les cartouches sans bourrelet peuvent être utilisées avec des accessoires tels que les moon clips (clips lunaires) ou des chargeurs rapides.
Chargement, rechargement et accessoires
Les méthodes de rechargement dépendent du type de cylindre : insertion individuelle par trappe, rechargement rapide au moyen d'un speedloader (chargeur rapide) permettant l'introduction simultanée des étuis dans toutes les chambres, ou utilisation de clips lunaires pour maintenir les étuis en place. Les mécanismes d'éjection varient : étoile d'éjection et tige d'éjecteur pour les swing-out et top-break; extraction manuelle une par une pour les modèles à trappe.
Entretien, sécurité et faits notables
L'entretien du cylindre consiste à vérifier l'alignement, le jeu axial, la propreté des chambres et le bon fonctionnement du dispositif de verrouillage. Un cylindre endommagé ou mal verrouillé peut provoquer un mauvais alignement avec le canon, ce qui est dangereux. Le cylindre est fabriqué en acier ou en alliages résistants et peut être traité thermiquement pour augmenter sa durée de vie. Enfin, le cylindre reste un élément distinctif du revolver, offrant simplicité mécanique et fiabilité malgré des limitations de capacité et un rechargement généralement plus lent que les armes à chargeur moderne.

