La mer de Barents est une mer marginale de l'océan Arctique. Elle est située au nord de la Norvège et de la Russie. Elle était appelée la mer de Murman au Moyen-Âge. Le nouveau nom vient du navigateur néerlandais Willem Barents. C'est une mer de plateau assez profonde. La profondeur moyenne est de 230 m et la profondeur maximale est de 450 m. Elle est bordée par la mer de Norvège à l'ouest, les îles de Svalbard (Norvège) au nord-ouest, et les îles de Franz Josef Land et Novaya Zemlya au nord-est et à l'est. Novaya Zemlya sépare la mer de Kara de la mer de Barents. La région de la mer de Barents recèle de nombreuses ressources énergétiques provenant de combustibles fossiles.

Géographie et caractéristiques physiques

La mer de Barents couvre une surface d'environ 1,4 million de km² et forme un large plateau continental semi‑clos qui s'ouvre sur l'océan Atlantique par l'ouest. Sa bathymétrie est relativement peu profonde comparée aux océans : un large plateau s'étend depuis les côtes russes et norvégiennes vers le nord, ponctué de canyons et de pentes menant aux secteurs plus profonds. Les apports d'eau chaude et salée du courant nord‑atlantique (branche barentienne du Gulf Stream) modèrent le climat et contribuent à des zones partiellement exemptes de glace, en particulier dans la partie sud et ouest.

Climat et glace

Le climat de la mer de Barents est froid mais influencé par les eaux atlantiques, ce qui provoque un contraste marqué entre le sud-ouest — souvent libre de glace en hiver — et le nord/est, où la banquise et la glace de mer sont plus persistantes. La variabilité interannuelle et les tendances récentes au réchauffement entraînent une diminution de la couverture de glace et une saison de navigation plus longue, avec des conséquences écologiques et économiques importantes.

Faune, écosystèmes et biodiversité

La rencontre d'eaux atlantiques plus chaudes et d'eaux plus froides arctiques rend la mer de Barents particulièrement productive. Les remontées d'eau favorisent la production primaire (phytoplancton), base d'une chaîne alimentaire riche. Les pêcheries y sont historiques et importantes : cabillaud (morue), aiglefin, capelan, crevettes nordiques et autres crustacés constituent des ressources halieutiques majeures. On y observe aussi des phoques, des morses, des ours polaires en périphérie, ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux marins et de cétacés (baleines, orques, etc.).

Parmi les espèces d'intérêt économique et écologique figure le crabe royal rouge (Paralithodes camtschaticus), introduit artificiellement au XXe siècle et devenu une ressource commerciale importante dans certaines zones tout en posant des questions sur ses effets sur l'écosystème local.

Histoire et toponymie

Le nom actuel rend hommage à Willem Barents, explorateur néerlandais du XVIe siècle qui chercha une route du Nord-Est vers l'Asie. Avant cela, la mer était connue localement comme mer de Murman (nom dérivé de la désignation ancienne pour les côtes norvégiennes). La région a une longue histoire d'exploration, de pêche côtière et, plus récemment, d'exploitation pétrolière et gazière.

Ressources et exploitation

Le plateau de la mer de Barents contient d'importantes réserves d'hydrocarbures. Des gisements de gaz naturel et de pétrole ont été découverts et font l'objet d'explorations et d'exploitations, surtout dans la partie russe du bassin. Le gisement de Shtokman, par exemple, est connu comme un très grand gisement gazier du secteur oriental du bassin barentien. Dans la partie sud et dans la baie de Pechora (secteur méridional lié au plateau barentien) se trouvent des projets pétroliers et gaziers exploités ou développés depuis plusieurs décennies.

La pêche constitue une autre ressource clé : la morue de l'Atlantique (cod) du stock du Barents est l'une des plus importantes pêcheries au monde et est gérée conjointement par la Norvège et la Russie. Les captures soutenues de crevettes, de harengs et d'autres espèces sont également économiquement significatives.

Navigation, routes maritimes et enjeux stratégiques

Avec le recul de la banquise, le passage maritime du Nord (Northern Sea Route) devient plus praticable, ce qui augmente l'intérêt commercial pour des liaisons plus courtes entre l'Europe et l'Asie. La mer de Barents est aussi d'importance stratégique militaire pour les États riverains et joue un rôle dans la sécurité arctique.

Gouvernance, coopération et protection

La gestion des ressources et la protection de l'environnement en mer de Barents font l'objet d'une coopération internationale active. La Norvège et la Russie ont signé en 2010 un accord de délimitation maritime dans une large portion de la zone, permettant une meilleure régulation des activités économiques. La pêche est coordonnée via la Commission mixte norvégienne‑russe et s'appuie sur des avis scientifiques (par exemple de l'ICES) pour fixer les quotas et les mesures de gestion.

Des initiatives régionales, comme le Barents Euro‑Arctic Council et des programmes de surveillance conjointe, s'attachent à concilier exploitation durable, protection de la biodiversité et sécurité en mer. Les risques liés aux marées noires, aux accidents d'exploration pétrolière en milieu arctique et aux effets cumulatifs du changement climatique restent des préoccupations majeures.

Impacts du changement climatique

La hausse des températures et la diminution de la glace entraînent des changements dans la répartition des espèces, ouvrent de nouvelles opportunités d'exploitation mais augmentent aussi les vulnérabilités écologiques. Les écosystèmes et les pêcheries doivent s'adapter à des conditions qui évoluent rapidement, ce qui nécessite un suivi scientifique renforcé et des politiques de gestion adaptative.

Conclusion

La mer de Barents est une mer arctique essentielle, riche en biodiversité et en ressources naturelles, tout en présentant des défis environnementaux, géopolitiques et techniques. Sa gestion durable dépend d'une coopération internationale continue, d'une science solide et d'une réglementation prudente pour préserver ses écosystèmes face aux pressions croissantes.