Le communisme est un mouvement politique social. Son but est de mettre en place une version de la société basée sur la propriété commune des moyens de production et ne reposerait pas sur les classes sociales, ni sur l'argent.

Selon les écrivains et penseurs communistes, le but du communisme est de créer une société sans classe et sans État. Les penseurs communistes pensent que cela peut se produire si le peuple retire le pouvoir à la bourgeoisie (la classe dominante, qui possède les moyens de production) et établit le contrôle des moyens de production par les travailleurs.

Le communisme n'est pas anti-individualiste. Cependant, il dit que les décisions doivent être bonnes pour l'ensemble de la population, au lieu d'être bonnes seulement pour une partie des habitants du pays.

Principes fondamentaux

  • Propriété collective : suppression de la propriété privée des moyens de production (usines, terres, ressources) au profit d'une propriété collective ou sociale.
  • Abolition des classes : élimination des classes sociales antagonistes — en particulier de l'exploitation salariale de la classe ouvrière par la bourgeoisie — pour parvenir à une société sans classes.
  • Dictature du prolétariat (transitoire) : dans la théorie marxiste classique, l'État prolétarien est un appareil transitoire mis en place pour défendre la révolution et préparer le passage au communisme véritable, où l'État dépérirait.
  • Planification et coordination économique : orientation vers une économie planifiée et coordonnée collectivement plutôt que par le marché privé, bien que dans la pratique certains pays aient introduit des éléments de marché.
  • Internationalisme : volonté d'une émancipation qui dépasse les frontières nationales, car l'exploitation capitaliste est vue comme un phénomène global.
  • Matérialisme historique : conception inspirée du marxisme selon laquelle les transformations sociales résultent des conditions matérielles et des rapports de production.

Histoire et évolutions

Les idées qui ont donné naissance au communisme moderne trouvent une large formulation dans les écrits de Karl Marx et Friedrich Engels (notamment le Manifeste du Parti communiste, 1848, et Le Capital). Marx et Engels décrivaient le communisme comme l'aboutissement d'un long processus historique où le capitalisme serait renversé par la révolution du prolétariat.

Au XXe siècle, le communisme s'est concrétisé politiquement après la révolution russe de 1917. Lénine a adapté les idées marxistes en insistant sur le rôle d'un parti d'avant-garde pour diriger la révolution. Plus tard, d'autres dirigeants et mouvements ont développé des variantes : Staline (industrialisation forcée et centralisation), Trotsky (révolution permanente), Mao Zedong (importance de la paysannerie et de la guerre populaire), et d'autres tendances comme le maoïsme, le trotskisme ou l'eurocommunisme.

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux États en Europe de l'Est, en Asie, en Afrique et en Amérique latine ont été gouvernés par des partis se réclamant du communisme. À partir des années 1980–1990, plusieurs régimes communistes se sont effondrés ou ont profondément réformé leur économie et leur idéologie, le cas le plus emblématique étant l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

Variantes du communisme

  • Marxisme-léninisme : synthèse des idées de Marx et de la pratique léniniste ; a servi de base idéologique aux États communistes du XXe siècle.
  • Maoïsme : accent sur la paysannerie, la guerre populaire prolongée et la révolution culturelle.
  • Juche : idéologie nord-coréenne mettant l'accent sur l'autonomie nationale et la primauté du leader (évolution particulière du marxisme-léninisme).
  • Eurocommunisme : courant qui, dans les années 1970–80, a cherché à adapter le communisme aux institutions démocratiques occidentales.
  • Communisme de marché / socialisme de marché : désigne des expériences (notamment en Chine et au Vietnam) où l'État conserve un rôle central tandis que des éléments de marchés et d'entreprise privée sont tolérés pour stimuler la croissance.

Pays encore officiellement communistes

Depuis 1992, cinq nations sont restées officiellement gouvernées par des idéologies communistes. Quatre d'entre elles suivent différentes formes de marxisme-léninisme : le Vietnam, la Chine, Cuba et le Laos. La cinquième, la Corée du Nord, suit maintenant officiellement le communisme Juche, mais se qualifiait aussi de marxiste-léniniste avant 1991.

Bref aperçu de la situation dans ces États :

  • République populaire de Chine : dirigée par le Parti communiste chinois ; depuis la fin des années 1970 et surtout depuis les réformes de Deng Xiaoping, la Chine a introduit des mécanismes de marché tout en conservant le monopole politique du parti. L’idéologie officielle est qualifiée de « socialisme aux caractéristiques chinoises ». L'économie est aujourd'hui mixte avec une forte composante d'État et un secteur privé très développé.
  • République socialiste du Vietnam : dirigée par le Parti communiste du Vietnam. Depuis la réforme économique « Đổi Mới » de 1986, le Vietnam a adopté des politiques de marché tout en maintenant le contrôle politique du parti unique.
  • République démocratique populaire lao (Laos) : gouvernée par le Lao People's Revolutionary Party ; économie petite et en développement, avec des réformes économiques graduelles et une dépendance aux investissements étrangers.
  • République de Cuba : dirigée par le Parti communiste de Cuba ; système longtemps très centralisé, avec des réformes timides ces dernières décennies visant à libéraliser certains secteurs et promouvoir l'entrepreneuriat privé limité. Cuba reste soumis à un embargo international de longue date imposé par les États-Unis.
  • République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) : dirigée par le Parti du travail de Corée et la dynastie des Kim ; l’idéologie officielle est le Juche, centrée sur l’autonomie nationale et la loyauté au leadership. Le régime combine une économie planifiée très centralisée et un isolement diplomatique important.

Critiques et controverses

Les régimes qui se sont réclamés du communisme ont été l'objet de critiques nombreuses et diverses :

  • Autoritarisme politique : de nombreux États communistes ont développé des structures de parti unique, une restriction des libertés publiques et des pratiques répressives (purges, arrestations politiques).
  • Problèmes économiques : économies inefficaces, pénuries chroniques et lourde bureaucratie centralisée ont caractérisé certaines expériences, même si d'autres (notamment la Chine récente) ont connu une croissance rapide après des réformes.
  • Violences et famines : certaines politiques économiques et campagnes politiques ont entraîné des famines (ex. le Holodomor en Ukraine, la famine liée au Grand Bond en avant en Chine) et des répressions massives.
  • Atteintes aux droits humains : restrictions de la liberté d'expression, de la presse, et du pluralisme politique dans de nombreux cas.

Il convient toutefois d’ajouter une note nuancée : les régimes communistes ont aussi promu des avancées sociales notables dans certains domaines — alphabétisation, accès universel à la santé, industrialisation rapide dans des économies arriérées, réformes agraires et services sociaux — qui sont souvent mis en avant par leurs partisans.

Différence entre communisme et socialisme

Dans le langage courant, les termes « socialisme » et « communisme » sont parfois confondus. Théoriquement :

  • Le socialisme désigne souvent une phase intermédiaire où l'État et la société cherchent à socialiser certains moyens de production et à réduire les inégalités, tout en maintenant certains appareils étatiques et parfois des mécanismes de marché.
  • Le communisme est présenté par Marx comme l'étape finale, une société sans classes, sans État et sans exploitation ; dans la pratique historique, peu d'États ont réalisé (ou prétendu avoir réalisé) cet idéal.

Héritage et perspectives

Le communisme a profondément influencé le XXe siècle — sur le plan politique, social, économique et culturel. Il a nourri des mouvements de libération nationale, inspiré des réformes sociales et suscité des débats fondamentaux sur la justice sociale, la propriété et le pouvoir. Après les effondrements et les réformes de la fin du XXe siècle, le bilan reste sujet à de vifs débats : certains retiennent des avancées sociales et nationales, d'autres insistent sur les coûts humains et politiques.

Points faciles à retenir

  • Le communisme vise une société sans classes et la propriété commune des moyens de production.
  • Il existe une différence entre l'idéal théorique et les régimes qui se sont réclamés du communisme.
  • Depuis le début des années 1990, cinq pays restent officiellement communistes : Chine, Vietnam, Laos, Cuba et Corée du Nord.
  • Les débats sur le communisme mêlent analyses historiques, économiques et éthiques, et restent très vivants aujourd'hui.