Définition
Le cancer du vagin est une tumeur maligne qui prend naissance dans les tissus du vagin. Les cancers primaires du vagin sont rares ; il est plus fréquent que des tumeurs vues dans le vagin soient des métastases provenant d'autres organes pelviens (par exemple col de l'utérus, endomètre, ovaire, rectum ou vessie).
Épidémiologie et facteurs de risque
Le cancer vaginal concerne une faible proportion des cancers gynécologiques. Il survient surtout chez les femmes de plus de 50 ans, mais peut apparaître à tout âge, y compris pendant la grossesse.
- Age : incidence plus élevée après 50 ans.
- Infection par le papillomavirus humain (HPV) : certains types d'HPV (notamment HPV 16 et 18) sont associés aux cancers épidermoïdes du vagin.
- Antécédents de cancer pelvien : un antécédent de cancer du col utérin ou d'autres tumeurs pelviennes augmente le risque de localisation vaginale.
- Exposition au diéthylstilbestrol (DES) in utero : historiquement liée à des formes particulières d'adénocarcinome clair, surtout chez les femmes nées avant l'arrêt de l'utilisation du DES.
- Tabac : facteur de risque connu pour les lésions associées à l'HPV.
Types histologiques
- Carcinome épidermoïde (spinocellulaire) : le type le plus fréquent.
- Adénocarcinome : moins fréquent, inclut des variantes comme l'adénocarcinome à cellules claires.
- Mélanome vaginal
- Sarcomes (par ex. léiomyosarcome) et autres tumeurs rares.
Signes et symptômes
Les symptômes peuvent être discrets au début. Les signes les plus fréquents sont :
- Saignement vaginal anormal (postcoïtal, postménopausique, ou entre les règles)
- Écoulement vaginal inhabituel
- Masse ou sensation d'une bosse dans le vagin
- Douleur pelvienne ou douleur durant les rapports sexuels
- Sensations urinaires ou intestinales anormales si la tumeur envahit les organes voisins
Diagnostic
Le diagnostic repose sur un ensemble d'examens :
- Examen clinique (examen pelvien et inspection du vagin).
- Biopsie de la lésion pour confirmation histologique.
- Examens complémentaires d'imagerie pour évaluer l'extension :
- IRM pelvienne : utile pour définir la taille et l'extension locale.
- Scanner (CT) ou TEP-CT : recherche de métastases à distance.
- Examens endoscopiques (cystoscopie, rectoscopie) si envahissement de la vessie ou du rectum est suspecté.
- Colposcopie et frottis peuvent être utilisés selon le contexte clinique.
Stadification
La stadification suit principalement le système FIGO pour les cancers du vagin. De façon simplifiée :
- Stade I : tumor confined to the vaginal wall.
- Stade II : tumor invades subvaginal tissues but not pelvic wall.
- Stade III : tumor extends to pelvic wall and/or causes hydronephrosis or non-functioning kidney.
- Stade IV : invasion of mucosa of bladder/rectum or spread beyond the true pelvis (including distant metastases).
Traitement
Le choix thérapeutique dépend du type histologique, du stade, de la localisation, de la taille tumorale, de l'âge et de l'état général de la patiente. Plusieurs modalités peuvent être combinées :
- Chirurgie : exérèse locale pour les petites tumeurs; vaginectomie partielle ou complète et gestes plus étendus pour les tumeurs volumineuses ou infiltrantes.
- Radiothérapie externe : souvent utilisée pour le contrôle local, en particulier si la chirurgie est difficile ou pour préserver la fonction.
- Brachythérapie (curiethérapie) : délivre une dose élevée de radiation directement à la tumeur et est un pilier du traitement local pour de nombreuses tumeurs vaginales.
- Chimiothérapie : utilisée en association avec la radiothérapie (chimioradiothérapie) pour les stades localement avancés ou en traitement palliatif pour maladie métastatique.
- Soins palliatifs : symptomatiques pour les formes avancées afin d'améliorer la qualité de vie.
Pronostic
Le pronostic dépend essentiellement du stade au moment du diagnostic, de la taille de la tumeur, de l'envahissement des structures voisines et de la présence ou non de métastases. Les formes détectées précocement ont de meilleures chances de guérison. Les récidives peuvent survenir localement ou à distance, d'où l'importance d'un suivi régulier.
Prévention et dépistage
- Vaccination contre l'HPV : réduit le risque de lésions liées à l'HPV et donc potentiellement celui des cancers vaginaux HPV‑associés.
- Pratiques sexuelles protégées et diminution des facteurs de risque (tabac).
- Surveillance gynécologique régulière, en particulier chez les femmes ayant des antécédents de lésions cervicales ou d'exposition au DES in utero.
Suivi après traitement
Le suivi comprend des consultations régulières, des examens cliniques et, si besoin, des examens d'imagerie pour détecter une récidive ou une progression. La fréquence et la nature des contrôles sont adaptées à chaque patiente et au type de traitement reçu.
Quand consulter
Il est conseillé de consulter un professionnel de santé en cas de :
- Saignement vaginal anormal
- Écoulement persistant
- Douleur pelvienne inexpliquée ou masse ressentie dans le vagin
Points clés
- Le cancer primaire du vagin est rare; les atteintes secondaires sont plus fréquentes.
- Le carcinome épidermoïde est le type histologique le plus courant.
- Le diagnostic repose sur la biopsie et l'imagerie pour stadifier la maladie.
- Les traitements principaux sont la chirurgie, la radiothérapie (dont la brachythérapie) et la chimiothérapie selon les indications.