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L'épisode des nonnes dans Robert le Diable de Meyerbeer, prototype du ballet blanc

Étude de l'épisode des nonnes dans Robert le Diable de Meyerbeer (1831): genèse, caractéristiques du ballet blanc, mise en scène, rôle de Taglioni et enjeux stylistiques du romantisme

Le Ballet des Soeurs est un court épisode chorégraphié de l'acte III de l'opéra Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer, créé à l'Opéra de Paris en novembre 1831. Il est considéré comme le premier exemple significatif du ballet blanc et comme un moment fondateur du ballet romantique.

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Contexte et origine

L'épisode s'insère dans l'opéra lyrique de Meyerbeer et met en scène des éléments surnaturels, thème fréquent dans le répertoire romantique. La vignette chorégraphique a été conçue pour l'Opéra de Paris à une époque où l'illusion scénique et les effets techniques (notamment le nouvel éclairage au gaz) prenaient une importance croissante dans la mise en scène.

Résumé de l'épisode

Dans cet intermède, des nonnes décédées se lèvent de leurs tombes au sein d'un cloître en ruine pour tenter de séduire le chevalier Robert. Après une série de danses suggestives et de scènes nocturnes, les nonnes en robe blanche retournent finalement à leur repos. Le passage joue sur l'opposition entre le sacré et le profane, ainsi que sur l'attrait du fantastique.

Caractéristiques artistiques

  • Ballet blanc : costumes entièrement blancs et éclairage nocturne renforcent l'effet spectral et l'unité visuelle du groupe.
  • Ambiance romantique : emphase sur l'émotion, le surnaturel et la mélancolie plutôt que sur la virtuosité individuelle pure.
  • Effets d'éclairage : l'usage du gaz permit des transitions d'atmosphère et des éclairages dramatiques qui accentuaient l'aspect terrifiant et surnaturel.
  • Rôle collectif : l'accent est mis sur le corps de ballet et la chorégraphie de groupe plutôt que sur un pas de deux centré sur la virtuosité soliste.

Création et interprétation

La première représentation eut lieu en novembre 1831 à l'Opéra de Paris. Le rôle principal — l'abbesse Héléna ou la figure centrale du groupe selon les distributions — est resté associé à Marie Taglioni, qui incarna la figure éthérée et pure attendue du ballet romantique.

La paternité exacte de la chorégraphie reste incertaine : on attribue traditionnellement l'initiative à Filippo Taglioni, mais certains sources évoquent la participation ou l'intervention de Jean Coralli. La partition chorégraphique complète a été perdue, et les reconstructions reposent sur descriptions contemporaines et sur le style des interprètes.

Reception et anecdotes

  • La soirée d'ouverture connut des aléas techniques liés aux nouveaux dispositifs d'éclairage, mais le fragment eut un impact visuel important sur le public.
  • Marie Taglioni y renforça sa réputation : son image de danseuse « éthérée » et sa capacité à incarner une pureté morale sur scène y prirent une place déterminante dans l'histoire de la danse.

Influence et héritage

Le court épisode des nonnes de Robert le Diable est souvent cité comme un prototype du ballet romantique. Il a contribué à définir des codes scéniques repris dans des œuvres ultérieures :

  • la valorisation du corps de ballet en costumes blancs (ballets blancs) ;
  • l'usage d'effets lumineux et d'atmosphères nocturnes pour produire l'illusion fantastique ;
  • la montée en importance de l'expressivité, de la fragilité et de l'« éthéré » chez la ballerine, éléments essentiels des ballets romantiques comme La Sylphide ou Giselle.

Éléments incertains et recherches

Plusieurs aspects restent mal documentés :

  • la chorégraphie d'origine est perdue et ne peut être restituée que par des sources secondaires ;
  • l'attribution précise entre Filippo Taglioni et Jean Coralli fait l'objet de débats parmi les historiens de la danse ;
  • les descriptions contemporaines varient sur la durée et sur certains détails de mise en scène.

Pour ces raisons, l'étude de ce fragment repose sur l'analyse des comptes rendus de l'époque, des programmes et de la manière dont il a été repris ou évoqué par les chorégraphes et historiens du XIXe siècle.

Faits saillants

  1. Épisode de l'acte III de Robert le Diable (Meyerbeer), créé en novembre 1831 à l'Opéra de Paris.
  2. Considéré comme un des premiers exemples de ballet blanc et d'esthétique romantique.
  3. Marie Taglioni a marqué le rôle principal et contribué à populariser l'image de la ballerine « éthérée ».
  4. La chorégraphie originelle est perdue et son attribution reste incertaine.

Histoire

Le ballet s'ouvre avec Bertram, le père de Robert le Diable, qui entre dans le cloître en ruine de Sainte-Rosalie. Il convoque les fantômes des religieuses qui ont violé leurs vœux. Elles se lèvent de leurs tombes. Il leur ordonne de séduire son fils Robert pour qu'il accepte un talisman mortel. L'abbesse Helena ordonne aux fantômes de valser. Malgré leurs vœux sacrés, les nonnes valsent. Les moniales mortes se livrent à des frissons impurs.

Robert entre. Les religieuses se cachent, mais reviennent pour l'empêcher de s'échapper. Robert se tient terrifié devant la tombe d'un saint. L'abbesse l'attire vers le talisman dans la main du saint. Robert s'en empare. Les religieuses continuent leur danse, battant des ailes comme des papillons de nuit. Leurs tombes s'ouvrent et elles s'enfoncent dans la terre. Des dalles de pierre glissent sur place, recouvrant les morts. Un chœur de démons se fait entendre.

Contexte

Le ballet du XVIIIe siècle était basé sur la pensée rationnelle et l'art classique. La Révolution française a cependant inauguré une période qui a amené le ballet romantique sur la scène. Les trappes, l'éclairage au gaz et d'autres éléments qui ont été associés au ballet romantique étaient utilisés dans les théâtres populaires des boulevards de Paris depuis un certain temps. De tels éléments allaient gagner une sanction officielle et du prestige à l'Opéra de Paris au milieu des décennies du XIXe siècle.

Un ballet sur un thème de Robert le Diable a été dansé à Paris devant Son Altesse Mlle de Longueville en 1652. Le Ballet des Soeurs est cependant un concept entièrement nouveau pour le public lors de la soirée d'ouverture du ballet. Henri Duponchel, directeur général de l'Opéra de Paris, est chargé des effets visuels à l'Opéra. Il voulait faire une démonstration de l'éclairage au gaz récemment installé dans la salle. Ses réflecteurs produisent une lumière plus forte et mieux dirigée que jamais. Pierre Ciceri, chef scénographe, a travaillé avec lui. Ciceri s'est inspiré du cloître Saint-Trophime d'Arles ou du cloître de Monfort-l'Amaury pour le décor du ballet au clair de lune.

Le thème du ballet est la passion et la mort, et l'amour au-delà de la tombe. La scène est la nuit plutôt que le jour, et l'Europe gothique plutôt que le monde classique de la Grèce et de Rome. Après presque 100 ans de réflexion rationnelle, le public réclame le mystérieux, le surnaturel, le vague et le condamné. L'histoire du ballet raconte l'histoire d'un chevalier qui se glisse dans un cloître à minuit pour dérober à la main d'un saint mort un talisman qui lui permettra de gagner une princesse.

Hans Christian Andersen a inclus la scène dans l'un de ses romans. Andersen écrit à propos de cette scène : "Par centaines, ils s'élèvent du cimetière et dérivent dans le cloître. Ils semblent ne pas toucher la terre. Comme des images vaporeuses, ils glissent les uns sur les autres ... Soudain, leurs linceuls tombent sur le sol. Ils se tiennent debout dans toute leur voluptueuse nudité, et là commence une bacchanale." Les nonnes n'étaient pas complètement nues, mais Andersen a su saisir l'essence de la scène.

Soirée d'ouverture

La soirée d'ouverture a été gâchée par la chute d'un feu de gaz et une trappe qui ne se refermait pas correctement. Un morceau de paysage est tombé, manquant de peu Taglioni. Le rideau est tombé. La ballerine a assuré à tout le monde qu'elle n'était pas blessée. Le rideau s'est levé et le spectacle a continué. Elle se termine par un triomphe pour Meyerbeer, les Taglioni et le Dr Louis Véron, nouveau directeur de l'Opéra.

Le Dr Véron avait récemment été récompensé par l'Opéra de Paris en tant qu'entreprise privée. Il avait une grande confiance dans Taglioni. Il a porté son salaire à un niveau sans précédent de 30 000 francs par an. Son père a été nommé maître de ballet avec un contrat de trois ans. L'audace de Véron est récompensée lorsque Taglioni tient sa promesse et devient une grande vedette.

Réception

Le public s'est délecté des scandaleuses Soeurs. Un critique de la Revue des Deux-Mondes a écrit

Une foule d'ombres muettes glisse sur les arches. Toutes ces femmes se débarrassent de leur costume de religieuses, elles secouent la poudre froide de la tombe ; soudain, elles se jettent dans les délices de leur vie passée ; elles dansent comme des bacchantes, elles jouent comme des seigneurs, elles boivent comme des sapeurs. Quel plaisir de voir ces femmes légères.

Nuns a été le premier ballet blanc et le premier ballet romantique. L'opéra a été représenté 756 fois entre 1831 et 1893 à l'Opéra de Paris. L'impressionniste français Edgar Degas a peint la scène du ballet à plusieurs reprises entre 1871 et 1876.

Selon son contrat, Taglioni devait apparaître dans Nuns une douzaine de fois. Elle est partie après six heures. Il est possible que les implications érotiques du ballet des nonnes ne lui aient pas plu. Il se peut qu'elle ait hésité à se produire dans un ballet au sein d'un opéra. Une blessure au pied et les accidents qui ont entaché la première représentation ont peut-être donné à la ballerine une pause pour réfléchir. La mauvaise presse dont son père a fait l'objet a peut-être amené Taglioni à se retirer. Taglioni a été remplacée par Louise Fitzjames, qui a dansé le rôle 232 fois.

Le chorégraphe danois August Bournonville a vu le spectacle de Fitzjames dans le rôle de l'abbesse à Paris en 1841. Il y a basé sa propre chorégraphie, qui a été utilisée à Copenhague entre 1833 et 1863. Sa chorégraphie a été entièrement préservée. Elle représente la seule trace de l'original.

Fanny Appleton, la future femme d'Henry Wadsworth Longfellow, a écrit : "La musique diabolique et les morts qui sortent de leurs tombes, la terrible obscurité et l'étrange danse s'unissent pour former un effet scénique presque inégalé. La danse des célèbres sorcières (nonnes) au clair de lune glacé dans l'abbaye en ruines, était aussi impressionnante que prévu ... Elles tombent comme des flocons de neige et sont certainement des sorcières très charmantes avec leurs figures parisiennes et leurs pirouettes les plus raffinées. "

Le critique et historien de la danse Andre Levinson écrit : "La danse académique a été un exercice agréable à regarder. Maintenant, [le ballet] a clarifié les questions de l'âme. Le ballet était un divertissement (une distraction). Il est devenu un mystère". Kisselgoff écrit : "... la préoccupation pour le surnaturel qui a caractérisé une grande partie du ballet du XIXe siècle peut être attribuée au succès du Ballet des Sœurs dans la première production de Meyerbeer à l'Opéra de Paris".

Questions et réponses

Q : Qu'est-ce que le Ballet des nonnes ?

R : Le Ballet des Nonnes est le premier ballet blanc et le premier ballet romantique, dont la première a eu lieu en novembre 1831 à l'Opéra de Paris.

Q : Quelle est l'histoire du Ballet des nonnes ?

R : Ce court ballet raconte l'histoire de nonnes décédées qui sortent de leur tombeau dans un cloître en ruine pour séduire le chevalier Robert le Diable. À la fin du ballet, les nonnes vêtues de blanc retournent dans leurs tombes.

Q : Qui a créé la chorégraphie du Ballet des nonnes ?

R : La chorégraphie a été créée par Filippo Taglioni ou Jean Coralli, mais elle est aujourd'hui perdue.

Q : Pourquoi le Ballet des nonnes a-t-il été créé ?

R : Le ballet a été créé parce que les responsables de l'Opéra de Paris voulaient faire une démonstration de l'éclairage au gaz nouvellement installé dans le bâtiment, qui était capable de créer des effets épouvantables.

Q : Qui a joué dans le Ballet des Nonnes ?

R : Marie Taglioni jouait le rôle de l'abbesse Helena dans le Ballet des Nonnes.

Q : Pour quoi Marie Taglioni était-elle connue ?

R : Marie Taglioni s'est fait connaître pour ses qualités éthérées et sa pureté morale, et elle est l'une des ballerines les plus célèbres de l'histoire.

Q : Quand le Ballet des Nonnes a-t-il été créé ?

R : La première du Ballet des nonnes a eu lieu en novembre 1831 à l'Opéra de Paris.

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AlegsaOnline.com L'épisode des nonnes dans Robert le Diable de Meyerbeer, prototype du ballet blanc

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