| Il s'agit de la charte des douanes pour Monflanquin. Elle a été rédigée en 1256. (Les numéros sont ajoutés pour faciliter la lecture. ) (Les liens sont ajoutés pour faciliter la compréhension) Alphonse, je te salue, toi qui as lu cette lettre. Elle a pour but de t'informer que nous avons donné les libertés et les usages suivants aux habitants de notre bastide Monflanquin, dans le diocèse d'Agen - Sachez que chez nous ou chez nos successeurs, vous ne percevrez dans cette ville ni Quête, ni Taille, ni droit de gîte. De même, vous ne percevrez aucune subvention, quelle qu'elle soit, sauf si les habitants le souhaitent.
- Les habitants actuels de notre ville, et ceux qui vont y vivre, peuvent vendre, donner ou transmettre tous leurs biens mobiliers et immobiliers à qui ils veulent. Ils ne peuvent cependant pas donner leurs biens immobiliers à une église, un couvent ou un ordre militaire, sauf s'ils respectent le droit des seigneurs dont ils détiennent les fiefs.
- Les citoyens de ladite ville peuvent donner librement leurs filles en mariage à qui ils veulent. Ils peuvent promouvoir leurs fils à l'ordre de l'église.
- Nous n'arrêterons aucun habitant de la ville. Nous ne leur ferons aucun mal. Nous ne prendrons pas ses biens, s'il a promis qu'il n'a pas enfreint de lois. Cela n'inclut pas les meurtres, les bénédictions mortelles et autres. Dans ces cas, ses biens nous seront livrés.
- En cas de demande ou de plainte, notre représentant ne pourra demander à aucun habitant de cette ville de témoigner à l'extérieur de la bastide pour des événements qui se sont produits à l'intérieur de la ville. Il y a une exception à cette règle si la demande est faite par les habitants.
- Si un habitant de cette ville meurt sans testament, sans enfants, et si personne d'autre ne vient chercher le patrimoine, nos représentants choisiront deux personnes qui garderont les biens. Ils les garderont pendant un an et un jour. Si quelqu'un qui peut légitimement revendiquer le patrimoine dans ce délai, tous les biens lui seront remis. Les biens immobiliers appartenant à d'autres seigneurs leur seront restitués. C'est-à-dire après que les dettes de la personne décédée ont été payées selon les coutumes du diocèse d'Agen. Ceci, si la dette peut être clairement établie au cours de l'année.
- Les témoignages écrits par les habitants de la ville, avec un témoin digne de confiance, seront valables. Ceci, même s'ils n'ont pas été établis selon toutes les règles requises par la loi. La seule condition est que les enfants doivent recevoir la part qui leur revient de droit. Pour le garantir, on fera appel au prêtre local ou à un autre membre du clergé, dans la mesure du possible.
- Quiconque vit dans cette ville ne sera pas contraint de s'engager dans un duel ou un combat à mains nues pour prouver son innocence s'il est accusé. S'il refuse d'entrer en combat, il ne sera pas considéré comme coupable. La personne qui l'accuse peut le faire devant un tribunal. Il peut faire appel à des témoins, ou à tout autre moyen utile à cette fin, en respectant les formes légales.
- Les habitants de la ville peuvent donner ou recevoir en location ou en cadeau des biens de toute autre personne souhaitant vendre, louer ou donner ses biens immobiliers. Cela n'inclut pas les fiefs, les terres allouées et les terrains à usage militaire. Ceux-ci ne peuvent être achetés ou reçus sans que les habitants, ou leurs successeurs, n'acceptent le commerce.
- Pour chaque parcelle de terrain de 16 pieds de large et 48 pieds de long, nous ne paierons que 6 deniers, le jour de la fête de Ste Foy. Il y aura également cette taxe lors du changement de propriétaire. Si le terrain est vendu, nous percevrons 1/12e du prix de vente du vendeur à titre de taxe. Si ces taxes ne sont pas payées à une certaine date, nous recevrons 6 sols, en plus des taxes dues.
- Nous ou nos représentants établirons une amende pour les incendies criminels ou pour d'autres crimes commis dans cette ville. Ces amendes sont établies selon les coutumes du diocèse d'Agen.
- Lorsque les représentants de notre ville prendront leurs fonctions, ils s'engageront à faire de leur mieux. Ils promettent également de respecter les lois et les coutumes de cette ville.
- Les consuls de la ville seront changés chaque année, le jour de l'Assomption. Nous ou notre représentant élirons 6 consuls catholiques ce jour-là. Ils seront choisis parmi les habitants de la ville. Nous choisirons ceux qui nous semblent les plus honnêtes et ceux qui sont les plus aptes à répondre aux besoins de la communauté et aux nôtres. Ces consuls s'engageront, en notre présence et celle de nos représentants, à bien nous servir, à respecter nos droits, à gouverner le peuple et à être un consul du mieux qu'ils peuvent. Ces consuls ne recevront aucune compensation pour ce qu'ils font de la part de quiconque pour le simple fait d'être consul. La communauté s'engagera en retour à aider ces consuls et à les suivre en toutes choses. Notre souveraineté ne sera pas touchée par ces mesures. Les consuls auront le droit de réparer les rues, les ruelles, les fontaines et les ponts. Avec le consulat de 24 personnes, élu par la communauté, ils collecteront l'argent des citoyens, pour exécuter ces travaux. Ils peuvent également collecter de l'argent pour des travaux d'utilité générale pour la population.
- Tous ceux qui jonchent les rues et les ruelles publiques d'excréments humains seront punis par notre représentant ou par les consuls.
- Tout homme ayant des biens ou des revenus dans la ville, contribuera à l'entretien de la ville de la même manière que les habitants des villes. Cela s'applique également à ses successeurs. S'il refuse, notre représentant peut saisir ses biens à la demande des consuls. Les ecclésiastiques et autres personnes privilégiées feront de même pour les biens qu'ils n'ont pas obtenus par héritage. Ils n'ont aucune obligation quant aux biens dont ils ont hérité. Ils peuvent contribuer pour leur cœur pur et leur bonne volonté.
- Les objets comestibles provenant de l'extérieur de la ville qui sont amenés dans la ville pour être vendus, ne peuvent être vendus sur le marché que s'ils viennent de plus d'une demi-lieue de distance. Les personnes qui ne respectent pas cette règle sont passibles d'une amende. L'acheteur et le vendeur doivent payer chacun 2 sous pour les frais de justice. Les étrangers qui ne connaissent pas cette coutume n'ont pas à payer.
- Les personnes qui battent ou maltraitent un habitant avec leur poing, leurs mains ou leurs pieds, doivent payer 5 sols de frais de justice, si cela a été traduit en justice et qu'il n'y a pas eu de versement de sang. Ils sont également tenus de remettre les blessés dans un état raisonnable. Si le sang a coulé, l'agresseur doit payer 20 sols de frais de justice, si l'affaire a été portée devant le tribunal. S'il a utilisé une glaive, une chauve-souris, une pierre, une brique, les frais seront de 20 sols s'il n'y a pas eu de sang. S'il y a eu du sang et que l'affaire a été portée devant le tribunal, les frais seront de 60 sols. En outre, la victime recevra une réparation.
- Si une personne a commis un meurtre, et a été jugée coupable de la mort de la victime, alors que cela peut être considéré comme un homicide, elle sera punie par un jugement de notre tribunal, et ses biens nous reviendront, après avoir payé ses dettes.
- Quiconque adresse des insultes, des reproches ou des propos qui blessent les sentiments d'autrui sera condamné à une amende de deux sols et demi, si l'affaire est portée devant le tribunal. Il doit également verser des réparations à la victime. Celui qui le fait devant notre représentant ou devant le tribunal paiera 5 sols.
- Quiconque enfreint notre interdiction, ou cache une garantie, sera puni de 30 sols de frais de justice.
- Quiconque vole le droit d'un noble sera condamné à une amende de 10 sols.
- Les adultes, hommes et femmes, qu'ils soient pris sur le fait et qu'une plainte soit suivie par des personnes en règle, ou qu'ils l'aient admis devant un tribunal, paieront chacun 100 sols de frais de justice. Ils auront également le choix de courir nus dans la ville.
- Quiconque dégaine un couteau ou une épée contre une autre personne avec une mauvaise intention, paiera 10 sols de frais de justice. Ils répareront également l'agressé.
- Si quelqu'un vole, de jour comme de nuit, un objet d'une valeur inférieure ou égale à 2 sols, il doit courir à travers la ville avec l'objet autour du cou. Il paiera également une amende de 5 sols et rendra l'objet à son propriétaire. Cela ne s'applique pas aux fruits. Si l'objet vaut plus de 5 sols, et s'il s'agit d'une première infraction, la personne sera condamnée à une amende de 60 sols. S'il a déjà volé, il sera jugé par notre tribunal. Si un délinquant a été pendu pour vol, et si la valeur de ses biens le permet, nous recevrons 10 livres pour les frais de justice. C'est-à-dire après que ses dettes aient été payées. Le reste sera donné en héritage.
- Quiconque pénètre dans le jardin, la vigne ou la prairie d'une autre personne et vole des fruits, du foin, de l'herbe ou du bois d'une valeur inférieure ou égale à 12 deniers, pendant la journée, sera condamné à une amende de 2 sols et demi. Il la paiera aux consuls de la ville. Cet argent sera utilisé pour les besoins de la ville et pour les réparations. Si les biens ont une valeur supérieure, l'amende sera de 10 sols. Quiconque pénètre la nuit et prend des fruits, du foin ou de la paille nous paiera 30 sols, et réparera les dégâts au propriétaire.
- Si un morceau de bétail, une vache ou un bœuf pénètre dans le jardin, la vigne ou le pré de quelqu'un d'autre, le propriétaire paiera 6 deniers aux consuls. Pour un porc, trois deniers, pour deux chèvres un denier. Cela n'inclut pas les paiements de réparation au propriétaire du jardin, de la vigne ou du pré.
- Les personnes utilisant de faux poids ou de fausses mesures paieront 60 sols, si l'infraction peut être prouvée.
- Pour une plainte concernant une dette, une convention ou un contrat, et si elle est signalée le premier jour, rien ne nous sera versé si le débiteur l'admet sans procès. Mais dans les neuf jours qui suivent, notre représentant devra faire en sorte que le créancier rembourse tout, sinon le débiteur devra payer une amende de deux sol et demi pour son droit à la justice.
- Pour une plainte normale avec procès, si quelqu'un demande plus de temps, il nous paiera, cinq sols pour droit à la justice, après la chute de la peine.
- Si une personne fait quelque chose de mal et que le représentant le lui dit le jour même, elle devra payer une amende de deux sol et demi. L'amende sera destinée à couvrir les droits de la justice et les frais de justice dont l'opposition a besoin.
- Notre représentant ne doit pas recevoir l'argent de la justice tant que le procès n'est pas terminé et qu'une des parties n'a pas gagné.
- Pour les procès concernant les maisons, nous recevrons cinq sols après le jugement.
- Dans toute plainte suivie d'un procès, s'il n'y a pas suffisamment de preuves, la personne qui a porté plainte devra nous payer une amende de cinq sol. L'amende sera destinée à couvrir les droits de la justice et les frais de justice dont l'opposition a besoin.
- Le marché devra avoir lieu le jeudi. Si un taureau, une vache, un cochon, plus d'un an est vendu par un étranger, il nous paiera un denier pour le droit de leude. Pour une ânesse, une brebis, un cheval, une mule de plus d'un an, le vendeur devra nous donner deux deniers pour le droit de leude. En dessous de cet âge, il n'aura rien à payer. Pour une brebis, un bélier, une chèvre, il paiera une obole. Pour une saumée (4 sesters) de blé, il paiera un denier. Pour un sester, il paiera un denier. Pour une hémine, il paiera un obole. Ces frais concernent le droit de leude et le mesurage. Pour une boîte, nous ne percevons rien. Le coupeur de verre (celui qui coupe le verre), paiera un denier ou une coupe équivalente à un denier. Pour une saumée d'objets métalliques ou de laine, le vendeur paiera deux deniers. Pour les chaussures, les chaudrons, les poêles à feu, les poêles à frire, les trilles, les casseroles, les couteaux, les faux, le poisson salé et autres objets de base, le commerçant étranger paiera deux deniers. Pour une saumée et pour un chargement d'objets, il paiera un denier. Pour une saumée de vases et de pots, c'est un denier. Pour une charge d'homme de ces objets, c'est aussi un denier.
- Nous organiserons des foires aux jours désignés. Chaque commerçant étranger devra payer un droit d'entrée et de sortie. Ils devront également payer le droit d'être dans la ville à quatre deniers par homme. Pour ses articles, un denier. Quant aux objets achetés, pour l'usage domestique, l'acheteur ne devra pas payer de taxe.
- Chaque habitant avait le droit de faire construire un four dans son Faubourg. Pour chaque four, que ce soit pour cuire du pain à vendre ou pour le donner à son voisin, on obtiendra douze deniers chaque faible pour les droits d'oubli.
- Les actes commis par les notaires de la ville auront la même valeur que tout acte public.
Ces libertés et coutumes sont approuvées par nous avec tous et chacun de ses articles ci-dessus, tant que la loi nous le permet. En témoignage éternel sur ce que nous faisons, nous y apposons notre sceau. Fait à Vincennes, en juin de l'année du Seigneur 1256. |