Le sahelanthropus pourrait être un ancêtre de l'homme et du chimpanzé ; aucun consensus n'a encore été atteint par la communauté scientifique. La difficulté est due à sa "mosaïque de caractéristiques primitives et dérivées". Il a probablement vécu dans des forêts et des savanes semi-ouvertes, plutôt que dans la forêt tropicale des singes actuels.
Une autre possibilité est que Toumaï soit apparenté à la fois aux humains et aux chimpanzés, mais qu'il soit l'ancêtre d'aucun des deux. Brigitte Senut et Martin Pickford, les découvreurs de Orrorin tugenensis, ont suggéré que les caractéristiques de S. tchadensis correspondent à un proto-gorille femelle. Même si cette affirmation est confirmée, la découverte serait tout de même significative, car à l'heure actuelle, peu d'ancêtres de chimpanzés ou de gorilles ont été retrouvés en Afrique. Ainsi, si S. tchadensis est un parent ancestral des chimpanzés (ou des gorilles), il représente le premier membre connu de leur lignée.
En outre, S. tchadensis indique que le dernier ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé ne ressemblera probablement pas beaucoup au chimpanzé, comme l'avaient supposé certains paléontologues.
La faune trouvée sur le site suggère un âge de plus de 6 millions d'années, car ces espèces étaient probablement déjà éteintes à cette époque.
Possibilité d'une scission beaucoup plus précoce
Une étude a suggéré une scission beaucoup plus ancienne entre la lignée qui a conduit aux singes modernes et celle qui a conduit aux humains modernes. La molécule complète d'ADN mitochondrial (ADNmt) du babouin Papio hamadryas a été séquencée et incluse dans une analyse moléculaire de 24 ADNmt complets de mammifères. Le but de l'étude était de chronométrer la divergence entre les singes de l'Ancien Monde (Cercopithidae) et les Hominoidea. Cette divergence, à 30 millions d'années (mya), était un point de référence pour la scission entre le chimpanzé, et l'Homo à 5 mya.
Dans l'étude ultérieure d'Arnason et de ses collègues, deux références moléculaires indépendantes non liées aux primates ont été utilisées. Ces deux références suggèrent que la divergence Cercopithecoidea/Hominoidea a eu lieu >50 mya. De plus, toutes les divergences hominoïdes reçoivent une datation beaucoup plus ancienne. Ainsi, la date estimée de la divergence entre Pan (chimpanzé) et Homo est de 10-13 mya et celle entre Gorilla et la lignée Pan/Homo d'environ 17 mya. Les mêmes données ont été obtenues lors d'une analyse de gènes évoluant comme une horloge.