L'orpiment est un minéral composé de sulfure d'arsenic de formule As2S3. Sa teinte varie du jaune pâle au jaune d'or puis à l'orange vif, ce qui lui a valu des usages décoratifs et pigmentaires depuis l'Antiquité. Sa belle couleur contraste avec sa dangerosité chimique : l'orpiment contient de l'arsenic et peut s'altérer en composés plus toxiques lorsqu'il est exposé à l'air, à la chaleur ou à l'humidité.
Caractéristiques physiques et chimiques
- Formule : As2S3.
- Couleur : jaune à orange, éclat résineux à soyeux.
- Dureté : faible, environ 1,5–2 sur l'échelle de Mohs; friable et facilement rayable.
- Gravité spécifique : autour de 3,46.
- Système cristallin : monoclinique; se présente souvent en masses foliées, en agrégats ou en croûtes plutôt qu'en grands cristaux isolés.
- Comportement thermique : fusion vers 300 °C; au-delà, et à l'altération en surface, il s'oxyde en trioxyde d'arsenic (As2O3), un produit volatil et très toxique.
Formation et gisements
L'orpiment se forme typiquement dans des environnements hydrothermaux à basse température, le long de veines, dans des cavités et autour de sources chaudes et fumerolles volcaniques. On le trouve souvent associé à d'autres minéraux riches en éléments lourds tels que le réalgar (un autre sulfure d'arsenic), la stibnite et parfois le cinabre. Les gisements historiques proviennent de régions volcaniques et de veines sulfureuses où l'arsenic a été transporté et précipité par des solutions chaudes.
Usages historiques et modernes
Depuis l'Antiquité, l'orpiment a été exploité comme pigment jaune (parfois appelé auripigmentum) dans des peintures, enluminures et encres, notamment en Asie et en Europe médiévale. Il a également servi comme source d'arsenic pour des applications métallurgiques et chimiques, et dans le tannage traditionnel pour l'aide à l'élimination des poils des peaux. En pratique moderne, son usage a fortement décliné en raison de la toxicité et de l'instabilité du pigment ; des alternatives synthétiques et moins dangereuses le remplacent aujourd'hui.
Toxicité et sécurité
L'orpiment contient de l'arsenic et doit être manipulé avec précaution. Par oxydation et altération, il peut produire du trioxyde d'arsenic (As2O3), une substance toxique et volatile qui présente de graves risques pour la santé par inhalation, ingestion ou contact prolongé. Les manipulations en laboratoire, en conservation ou en restauration exigent des gants, une ventilation adaptée et des procédures de confinement. L'élimination se fait selon la réglementation relative aux déchets dangereux.
Altérations et conservation
En conservation d'œuvres d'art, l'orpiment pose des problèmes : il peut se modifier chimiquement et migrer, entraînant la formation d'oxydes arsenicaux et affectant la couleur originale. Il peut aussi interagir avec d'autres pigments ou liants, provoquant décoloration ou détérioration. Les restaurateurs évaluent soigneusement l'état et la stabilité avant toute intervention et privilégient des méthodes non invasives et des protections adaptées.
Identification et distinctions
- L'orpiment se distingue du réalgar par sa couleur plus jaune (réalgar est rouge-orangé) et par des différences de structure chimique et cristalline.
- Il présente une cassure et un clivage marqués, une densité modérée et une dureté très faible, ce qui facilite son identification macroscopique avec des tests simples mais toujours en tenant compte du risque arsenical.
Faits notables
Malgré son attrait visuel et son importance historique comme pigment et source d'arsenic, l'orpiment est aujourd'hui évité dans les usages domestiques et artistiques courants pour des raisons sanitaires. Son étude reste toutefois importante en minéralogie, en géologie des gisements hydrothermaux et en conservation du patrimoine, où comprendre ses transformations aide à préserver des œuvres anciennes qui en contiennent.

