Le New-York Tribune était un quotidien américain fondé par Horace Greeley en avril 1841. Conçu à l'origine comme un journal à un penny proche du Whig Party, il prit rapidement de l'importance grâce à un mélange d'information, d'opinions et de contributions littéraires. Entre 1842 et 1866, il parut sous le titre New-York Daily Tribune. Le journal ne se contentait pas de rapporter des faits : il publiait des éditoriaux influents, des articles sur la politique, des essais littéraires, des chroniques de réforme sociale et des comptes rendus intellectuels qui participèrent à façonner le débat public américain au XIXe siècle.
Orientation politique et rôle national
Sous la direction de Greeley, la Tribune adopta des positions marquées en faveur de la réforme sociale et du mouvement antiesclavagiste. Le journal soutint les débuts du Parti républicain et appuya la candidature d'Abraham Lincoln en 1860. Pendant la guerre de Sécession, la Tribune se montra résolument en faveur de l'Union, tout en critiquant parfois certaines décisions de l'administration fédérale — Greeley et les éditoriaux du journal n'hésitèrent pas à marquer leur désaccord sur des questions de stratégie ou de politique. Après la guerre, la ligne éditoriale évolua avec les changements de direction et des débats nationalement suivis.
Rédacteurs, collaborateurs et innovations
La Tribune se distingua par la qualité de sa rédaction et par le nombre de collaborateurs littéraires et politiques qu'elle publia. Outre Horace Greeley, plusieurs figures importantes travaillèrent pour le journal ou y contribuèrent régulièrement :
- Horace Greeley — fondateur et éditeur charismatique, moteur de la ligne réformatrice du journal.
- Charles A. Dana — fut un des rédacteurs en chef les plus influents après la guerre, renforçant l'orientation éditoriale et la portée nationale du titre.
- Whitelaw Reid — prit la direction du journal après la mort de Greeley et fut lié à la famille propriétaire pendant plusieurs décennies.
La Tribune publia aussi des critiques littéraires, des reportages internationaux et des séries de articles qui contribuèrent à façonner l'opinion publique. Grâce à ses éditoriaux et à son réseau de correspondants, le journal eut, à certaines périodes, le plus grand tirage des États‑Unis et une influence considérable sur la vie politique et culturelle du pays.
Fusions et disparition
Au fil du temps, la propriété et la ligne du journal évoluèrent. En 1924, le New-York Tribune fusionna avec le New York Herald pour donner naissance au New York Herald Tribune, une publication qui conserva une partie de l'héritage rédactionnel des deux titres. Le New York Herald Tribune demeura un grand quotidien américain jusqu'à sa disparition définitive en 1966.
Le New-York Tribune reste aujourd'hui un témoin majeur de la presse réformatrice du XIXe siècle aux États-Unis : par son engagement politique, sa contribution aux débats sur l'esclavage et la modernisation de la société américaine, et par la place qu'il occupa dans l'évolution du journalisme national.