Aller au contenu
Accueil

Néokeynésianisme

Courant macroéconomique prolongeant Keynes par des modèles formels : rigidités nominales, microfondations, anticipations et outils de politique monétaire et budgétaire.

Présentation

Le néokeynésianisme désigne un ensemble de courants et de modèles macroéconomiques qui partent des intuitions de John Maynard Keynes tout en les reformulant dans un cadre théorique moderne. Plutôt que d'opposer frontalement keynésianisme et théorie néoclassique, les néokeynésiens cherchent à expliquer pourquoi les économies peuvent rester loin de leur plein emploi pendant des périodes prolongées. Ils mettent l'accent sur les rigidités nominales et réelles, les imperfections de concurrence et le rôle des anticipations pour rendre compte des fluctuations d'activité et de l'inflation.

Galerie d’images

2 Images

Caractéristiques principales

Plusieurs éléments récurrents caractérisent les modèles néokeynésiens :

  • Rigidités de prix et de salaires : prix et salaires s'ajustent lentement en raison de contrats, de coûts d'ajustement (« menu costs ») ou d'inertie institutionnelle, ce qui empêche un rééquilibrage instantané.
  • Imperfections de concurrence : les entreprises possèdent un pouvoir de marché leur permettant de fixer des prix au-dessus du coût marginal, générant des écarts entre prix et coûts d'équilibre concurrentiel.
  • Microfondations : les comportements macroéconomiques sont dérivés d'agents optimisateurs (ménages, entreprises) dotés d'anticipations, afin d'assurer la cohérence avec la théorie microéconomique moderne.
  • Rôle des anticipations : attentes rationnelles ou autres formations d'attentes influencent l'efficacité des politiques et la dynamique des variables macroéconomiques.

Origines et évolution historique

Après la Seconde Guerre mondiale, la « synthèse néoclassique » a combiné des résultats keynésiens avec des outils de l'analyse néoclassique, popularisant le modèle IS–LM pour analyser la demande globale. Des économistes comme John Hicks, Franco Modigliani et Paul Samuelson ont contribué à formaliser et diffuser ces idées. Cette lecture a dominé la macroéconomie jusqu'aux années 1970.

La période de stagflation des années 1970 — coexistence d'inflation élevée et de faible croissance — ainsi que les critiques monétaristes (notamment celles de Milton Friedman) ont remis en cause les modèles alors en vogue. En réponse, les économistes ont cherché à donner au raisonnement keynésien une base microéconomique plus rigoureuse et à intégrer les attentes des agents.

La nouvelle économie keynésienne

Le courant dit « nouvelle économie keynésienne » (New Keynesian) a formulé des modèles à anticipations rationnelles incorporant des rigidités nominales microfondées. Parmi les mécanismes retenus figure la formulation de Calvo pour la fixation des prix, où seules certaines entreprises peuvent ajuster leurs prix à chaque période, conduisant à une rigidité globale des prix. D'autres approches reposent sur les « menu costs » ou des frictions sur le marché du travail pour expliquer la persistance du chômage.

Ces modèles ont été intégrés dans des cadres d'équilibre général dynamiques et stochastiques (DSGE) et ont alimenté ce que l'on appelle la « nouvelle synthèse néo-classique », qui sert de base à l'analyse de la politique macroéconomique contemporaine.

Modèles et mécanismes formels

  • IS–LM et courbe de Phillips : instruments pédagogiques historiques pour l'interaction entre demande, taux d'intérêt et inflation, réinterprétés ensuite à la lumière des anticipations.
  • Prix de Calvo et menu costs : expliquent pourquoi les prix n'évoluent pas instantanément face aux chocs, générant des effets réels des politiques monétaires à court terme.
  • DSGE et microfondations : intègrent chocs, comportements optimisateurs et frictions pour étudier la dynamique macroéconomique dans un cadre cohérent.

Implications de politique économique

Le néokeynésianisme justifie l'usage combiné de la politique monétaire et budgétaire pour stabiliser l'activité et l'inflation. Les banques centrales indépendantes et l'adoption de cibles d'inflation reposent en partie sur l'idée que des autorités crédibles peuvent ancrer les anticipations et ainsi réduire les oscillations. En période de trappe à liquidité ou de taux d'intérêt proche de zéro, l'analyse met en avant l'importance d'une politique budgétaire active et de mesures non conventionnelles de politique monétaire (assouplissement quantitatif, forward guidance).

Critiques et débats

Le néokeynésianisme a suscité des critiques de diverses écoles : les monétaristes ont contesté l'efficacité et les fondements des politiques keynésiennes, tandis que les nouveaux classiques ont insisté sur les limites des modèles basés sur des anticipations non rationnelles. Le « Lucas critique » a souligné que les relations économétriques peuvent changer lorsque les politiques changent, imposant des microfondations robustes aux modèles. D'autres débats portent sur la taille des multiplicateurs budgétaires et l'importance des frictions financières.

Influence contemporaine

De nos jours, de nombreux modèles de politique macroéconomique s'appuient sur des éléments néokeynésiens, notamment pour analyser la stabilisation conjoncturelle, la détermination de l'inflation et les réponses aux chocs financiers. La synthèse entre rigidités nominales et optimisation microéconomique continue d'être un pilier de la recherche et des institutions chargées de la politique économique, tout en restant au centre des débats théoriques et empiriques.

Questions et réponses

Q : Qu'est-ce que l'économie néo-keynésienne ?

R : L'économie néo-keynésienne est une école de pensée macroéconomique qui s'est développée après la Seconde Guerre mondiale à partir des écrits de John Maynard Keynes. Elle synthétise les modèles économiques néoclassiques avec l'analyse originale de Keynes et utilise le modèle IS/LM pour relier la demande globale et l'emploi à trois variables, telles que la quantité de monnaie en circulation, le budget du gouvernement et l'état des attentes des entreprises.

Q : Qui a tenté d'interpréter et de formaliser les écrits de Keynes ?

R : Un groupe d'économistes (notamment John Hicks, Franco Modigliani et Paul Samuelson) a tenté d'interpréter et de formaliser les écrits de Keynes.

Q : Comment ce modèle est-il devenu populaire auprès des économistes après la Seconde Guerre mondiale ?

R : Ce modèle est devenu populaire auprès des économistes après la Seconde Guerre mondiale parce qu'il pouvait être compris en termes de théorie de l'équilibre général.

Q : Qu'est-ce qui a provoqué, dans les années 1970, une série de développements qui ont ébranlé la théorie néo-keynésienne ?

R : Le monde développé a souffert d'une croissance économique lente et d'une inflation élevée en même temps (stagflation), ainsi que les travaux de Milton Friedman qui ont jeté le doute sur les théories néo-keynésiennes, ont provoqué une série de développements dans les années 1970 qui ont ébranlé la théorie néo-keynésienne.

Q : Qu'ont créé les nouveaux keynésiens pour donner au raisonnement macroéconomique keynésien une base microéconomique ?

R : Les nouveaux keynésiens ont contribué à créer une "nouvelle synthèse néoclassique" qui constitue actuellement le courant principal de la théorie macroéconomique, afin de donner une base microéconomique au raisonnement macroéconomique keynésien.

Q : Comment les néo-keynésiens sont-ils parfois désignés aujourd'hui ?

R : Après l'émergence de la nouvelle école keynésienne, les néo-keynésiens ont parfois été qualifiés d'anciens keynésiens.

Articles liés

Auteur

AlegsaOnline.com Néokeynésianisme

URL: https://fr.alegsaonline.com/art/69125

Partager

Sources