Vue d'ensemble
Une mycorhize est une interaction biologique durable entre les racines d'une plante et un champignon du sol. Le terme vient du grec « myco » (champignon) et « rhiza » (racine). Dans cette relation généralement bénéfique, le réseau filamenteux du champignon (les hyphes) étend la surface d'exploration du système racinaire, améliorant l'accès à l'eau et aux nutriments minéraux, en particulier le phosphore.
Caractéristiques et structures
Les mycorhizes se manifestent par des structures visibles et microscopiques. Chez les mycorhizes ectomycorhiziennes, les hyphes forment un manteau autour de la racine et un réseau appelé "réseau de Hartig" entre les cellules corticales, sans pénétrer la membrane cellulaire. Par contraste, les mycorhizes endomycorhiziennes — notamment les mycorhizes arbusculaires — pénètrent la paroi cellulaire et forment des structures d'échange intracellulaires comme les arbuscules et parfois des vésicules. Les hyphes fongiques relient aussi les particules de sol et favorisent la stabilité de la structure du sol.
Origine et évolution
La symbiose mycorhizienne est très ancienne : des fossiles et des analyses phylogénétiques indiquent sa présence dès les premiers stades de la colonisation des terres, il y a au moins 400 millions d'années. Cette association aurait aidé les plantes pionnières à obtenir eau et éléments nutritifs dans des sols pauvres, contribuant à leur diversification et à l'évolution des écosystèmes terrestres.
Rôles écologiques et utilité
Les mycorhizes influencent de nombreux processus écologiques et pratiques humaines :
- Amélioration de l'absorption des nutriments (phosphore, parfois azote) et de l'eau.
- Protection partielle contre certains pathogènes racinaires et stress abiotiques (sécheresse, salinité).
- Formation de réseaux mycéliens qui peuvent relier plusieurs plantes et faciliter des transferts de nutriments ou de signaux chimiques (« réseaux mycorhiziens »).
- Importance en agriculture durable, sylviculture, restauration écologique et phytoremédiation, parfois via des inoculants fongiques adaptés.
Types, exemples et spécificités
On distingue plusieurs types de mycorhizes :
- Ectomycorhizes (fréquentes chez de nombreux arbres forestiers tels que pins, chênes, bouleaux).
- Mycorhizes arbusculaires (endomycorhizes) qui sont très répandues chez les plantes herbacées et de nombreuses cultures.
- Ericoides et orchidées, qui présentent des adaptations particulières et parfois des relations très spécifiques avec des champignons.
Données et faits notables
Les mycorhizes sont extrêmement répandues : on estime qu'au moins 80 % des espèces végétales terrestres forment ce type d'association, couvrant plus de 90 % des familles végétales. On parle de milliers d'espèces fongiques impliquées et de centaines de milliers d'espèces végétales concernées. Leur rôle central dans les cycles biogéochimiques, la santé des sols et la productivité des écosystèmes en fait un objet d'étude clé pour l'écologie, l'agronomie et la conservation.



