Les modes de transposition limitée sont une sorte d'échelle musicale. Ils ont été utilisés par le compositeur français Olivier Messiaen.

Les grandes échelles ont douze transpositions différentes. Cela signifie qu'une gamme majeure peut commencer sur n'importe laquelle des douze notes (do, do#, ré, ré#, etc.). Il existe également douze transpositions différentes de la gamme mineure. Chaque transposition ("chaque gamme") est une combinaison différente de notes (dans ce cas : toutes les notes).

Une gamme chromatique (qui utilise chaque note, c'est-à-dire qui utilise toutes les notes blanches et noires d'un clavier) n'a qu'une seule transposition. Cela signifie qu'une gamme chromatique peut commencer sur n'importe quelle note : à chaque fois, il s'agit de la même combinaison de notes.

Messiaen était fasciné par les échelles qui n'avaient que quelques transpositions (généralement deux ou trois). Par exemple : la gamme entière, qui augmente d'un ton entier à chaque fois, a deux transpositions. Elle peut commencer, par exemple, par un Do, de sorte que les notes sont C, D, E, F#, G#, A#, C. Elle peut commencer par un Do# de sorte que les notes sont C#, D#, F, G, A, B, C#. En transposant cela sur un autre demi-ton, en commençant sur le Ré, on obtient Ré, Mi, Fa#, Sol#, La#, Do, Ré qui est exactement la même combinaison de notes que la première (la note de départ n'est pas importante). La gamme tonale entière a été utilisée par de nombreux compositeurs, dont Glinka, Liszt et, surtout, Debussy. Messiaen l'appelait le premier mode de transposition.

Le deuxième mode de Messiaen, également appelé "gamme octatonique", s'élève en alternant demi-ton, ton, demi-ton, ton, etc. Messiaen utilisait beaucoup cette gamme, non seulement dans ses mélodies mais aussi dans les accords qu'il utilisait (c'est-à-dire de manière mélodique et harmonique).

Le troisième mode s'élève par un schéma de ton, demi-ton, demi-ton. Il comporte quatre transpositions.

Les quatre autres modes ont chacun un total de six transpositions.

Messiaen aimait ces modes car il n'y a pas de note qui ressemble à la note de départ. Toutes les notes sonnent de la même façon. Il les a décrites comme ayant "le charme de l'impossible".