Il existe de nombreuses traductions de la Bible en anglais.
Les gens ne sont pas d'accord sur ce qu'est la "Bible originale". Comme il existe de nombreuses versions des Bibles grecque et latine, il existe également de nombreuses versions de la Bible anglaise, selon le texte source utilisé, la langue-cible visée et la philosophie de traduction adoptée.
Certaines traductions cherchent à être mot à mot à partir de la langue d'origine (approche dite d'équivalence formelle). Ces traductions respectent de près la structure et le vocabulaire du texte source, mais elles sont souvent plus difficiles à lire. D'autres traductions privilégient une approche dite pensée pour pensée (ou équivalence dynamique) : elles restituent les idées et le sens général plutôt que chaque mot, afin d'obtenir un anglais plus naturel et plus compréhensible. Enfin, il existe des paraphrases qui visent avant tout la lisibilité et l'explication, parfois au prix d'une précision textuelle plus faible.
Types de traductions et exemples
- Équivalence formelle (littérale) : vise la fidélité au texte source. Exemples courants en anglais : King James Version (KJV), NASB, ESV. Utile pour l'étude détaillée et la comparaison du texte.
- Équivalence dynamique (pensée pour pensée) : cherche à rendre le sens dans un anglais fluide. Exemples : NIV, NLT. Souvent recommandé pour la lecture courante et la prédication.
- Paraphrase : reformule librement pour la clarté et l'expérience de lecture. Exemples : The Message, certaines éditions modernes de la Good News Bible. Utile pour l'introduction ou la lecture personnelle, moins pour l'exégèse.
- Interlinéaires et éditions critiques : présentent le texte original avec une traduction mot à mot et des notes critiques (par ex. éditions basées sur le Textus Receptus ou le Nestle-Aland). Destinées aux étudiants et aux chercheurs.
Méthodes et bases textuelles
Le travail d'une traduction repose sur deux grandes familles de décisions :
- Le choix du texte source : pour l'Ancien Testament on se réfère souvent au Masoretic Text (hébreu) mais aussi à la Septante (traduction grecque ancienne) et aux manuscrits de la mer Morte quand ils apportent des variantes. Pour le Nouveau Testament, des éditions critiques modernes (ex. Nestle-Aland) s'appuient sur un grand nombre de manuscrits grecs ; d'autres éditions suivent le Textus Receptus.
- La philosophie de traduction : équivalence formelle vs. dynamique, usage d'un anglais contemporain ou classique, niveau de langue (familier, soutenu). Des comités pluriels visent à limiter les biais d'un traducteur unique.
- Outils et notes : les éditions sérieuses accompagnent la traduction de notes explicatives, variantes textuelles et renvois, pour aider le lecteur à comprendre les choix faits.
Enjeux et débats
- Fidélité vs lisibilité : plus une traduction est littérale, plus elle peut sembler obscure ; plus elle est libre, plus elle prend le risque d'interpréter le texte au lieu de le traduire.
- Biais théologiques et confessionnels : certains choix traductifs peuvent favoriser une lecture particulière (ex. la traduction de termes liés au salut, à l'Église, au genre). D'où la préférence des traditions pour certaines versions.
- Langage inclusif : l'usage d'un langage non sexiste est source de débats : certains jugent qu'il rend le texte plus fidèle au sens original, d'autres estiment qu'il altère des formulations précises.
- Manuscrits et variantes : selon le poids donné à tel ou tel manuscrit, la tradition textuelle peut conduire à des différences de mots ou de versets (par ex. certains versets présents dans la KJV sont absents des éditions critiques modernes).
- Droits d'auteur et diffusion : de nombreuses traductions modernes sont sous copyright, ce qui affecte leur reproduction en ligne, l'usage dans les applications et les supports liturgiques. Certaines traductions historiques (KJV) sont dans le domaine public.
Conseils pour choisir une traduction
- Définissez l'usage : lecture personnelle, étude approfondie, culte, traduction d'un passage pour un discours — chaque usage peut justifier une traduction différente.
- Comparez plusieurs traductions pour repérer les nuances et mieux comprendre les passages difficiles.
- Utilisez une édition avec notes critiques ou un commentaire pour les textes complexes.
- Pour l'étude approfondie, combinez une traduction littérale avec des outils d'étude (interlinéaire, lexiques, commentaires).
En résumé, il n'existe pas une seule « meilleure » traduction anglaise : chaque version répond à des objectifs différents (fidélité textuelle, clarté linguistique, accessibilité). Connaître les types de traductions, les textes sources et les enjeux aide à choisir la ou les versions les plus appropriées à son besoin.

