Le lépidodendron est un genre éteint de plantes primitives arborescentes appartenant aux lycophytes (ordre des Lepidodendrales). Ces végétaux constituent l'une des premières « forêts » terrestres de grande taille et formaient une part importante de la flore tropicale des vastes marécages du Carbonifère, souvent appelés forêts de charbon.
Ces plantes pouvaient atteindre des hauteurs impressionnantes — parfois plus de 30 mètres — et leurs troncs présentaient souvent un diamètre supérieur à un mètre. Leurs tiges monoxyliques et leur silhouette élancée les rendaient très différentes des arbres actuels malgré leur taille.
Souvent surnommés à tort « mousses bâtons géantes », les lépidodendrons sont en réalité beaucoup plus proches des lycophytes actuels comme les Isoetes (les isoètes, ou quillworts) et les Selaginella que des mousses véritables.
Classification et époque
Les lépidodendrons appartiennent aux lycophytes fossiles (classiquement placés dans les Lepidodendrales). Ils prospérèrent principalement au Carbonifère (il y a environ 359 à 299 millions d'années), en particulier durant la partie supérieure du Carbonifère (Pennsylvanien), lorsque les bassins marécageux tropicaux ont favorisé l'accumulation de grandes quantités de matière végétale et la formation des gisements de charbon.
Morphologie et anatomie
Leur écorce extérieure portait un motif caractéristique d'empreintes losangiques correspondant aux cicatrices foliaires — reliefs qui restent souvent visibles sur les fossiles. Ces cicatrices, disposées de manière hélicoïdale, donnent au tronc un aspect « écailleux », d'où le nom Lepidodendron (« lépido » = écaille).
Contrairement aux arbres modernes, les lépidodendrons n'avaient pas un système de bois secondaire produit par un cambium analogue aux dicotylédones actuelles. Leur soutien reposait sur une combinaison d'une large tige, d'un cortex épais et d'une organisation interne particulière (moelle centrale et tissus de soutien), ainsi que parfois sur un réseau de racines fasciculées appelées stigmaria.
Les feuilles étaient généralement petites (microphylles) et attachées en rangées serrées ; elles tombaient en laissant les cicatrices caractéristiques. De jeunes individus présentaient souvent un port plus buissonnant, tandis que les sujets adultes développaient un fût vertical surmonté d'une couronne de branches.
Reproduction
La reproduction se faisait par spores émises depuis des cônes reproducteurs (strobiles) situés à l'extrémité de branches spécialisées. Certains lépidophytes fossiles présentent des signes d'hétérosporangié (différence entre spores de taille différente), ce qui représente une étape évolutive vers des stratégies de reproduction plus complexes.
Écologie et rôle dans la formation du charbon
En formant d'immenses marécages tropicaux avec une production végétale massive, les lépidodendrons et leurs associés (comme les sigillaires, fougères arborescentes et autres lycophytes) ont contribué à l'accumulation de tourbe qui, enfouie et transformée au cours de temps géologique, a donné les couches de charbon que nous exploitons aujourd'hui. Les rests végétaux, soumis à une décomposition limitée en milieu anoxique, constituent l'essentiel des gisements houillers.
Fossiles et intérêt scientifique
Les lépidodendrons sont connus par une grande variété de fossiles : impressions et compressions de l'écorce externe, perminéralisations anatomiques (« coal balls ») qui permettent d'étudier la structure interne des tissus, et empreintes de racines (stigmaria). Les études anatomiques de ces fossiles ont beaucoup apporté à la compréhension de l'évolution des plantes terrestres, de la morphologie des lycophytes et des mécanismes de formation du charbon.
Plusieurs espèces ont été décrites (parmi lesquelles Lepidodendron selaginoides est l'une des mieux connues), et des restes fossiles ont été retrouvés dans des gisements houillers d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie.
En résumé : les lépidodendrons étaient des plantes arborescentes caractéristiques des marécages carbonifères, proches des lycophytes modernes, qui ont joué un rôle fondamental dans la constitution des couches de charbon et qui restent des témoins clés de l'évolution des écosystèmes terrestres au Paléozoïque.



