Brillat-Savarin est né dans la ville de Belley, dans l'Ain, où le Rhône séparait la France de la Savoie. Il a étudié le droit, la chimie et la médecine à Dijon et a pratiqué le droit dans sa ville natale. Il est né Jean Anthelme Brillat, mais a adopté son deuxième nom de famille car une tante nommée Savarin lui a laissé toute sa fortune à condition qu'il adopte son nom. En 1789, au début de la Révolution française, il est envoyé comme député aux États généraux qui deviendront bientôt l'Assemblée nationale constituante. Il est connu pour certains de ses discours, notamment un discours en faveur de la peine capitale. Il retourne à Belley et est pendant un an le maire élu. À un stade ultérieur de la Révolution, sa tête est mise à prix et il demande l'asile politique, d'abord en Suisse. Il s'installe ensuite en Hollande, puis aux États-Unis, où il séjourne pendant trois ans à Boston, New York, Philadelphie et Hartford, vivant des recettes des cours de langue française et de violon. Pendant un certain temps, il a été premier violon au Park Theater de New York.
Il revient en France sous le Directoire en 1797 et acquiert le poste de magistrat qu'il occupera ensuite toute sa vie, en tant que juge à la Cour de cassation. Il publie plusieurs ouvrages sur le droit et l'économie politique. Il reste célibataire, mais il compte l'amour comme le sixième sens : son inscription de la Physiognomie. à sa belle cousine Juliette Récamier se lit
"Madame, recevez gentiment et lisez avec indulgence l'œuvre d'un vieil homme. C'est l'hommage d'une amitié qui date de votre enfance, et, peut-être, l'hommage d'un sentiment plus tendre...Comment dire ? A mon âge, un homme n'ose plus interroger son coeur".
Son célèbre ouvrage, Physiologie du goût, a été publié en décembre 1825, deux mois avant sa mort. Le titre complet est Physiologie du Goût, ou Méditations de Gastronomie Transcendante ; ouvrage théorique, historique et à l'ordre du jour, dédié aux Gastronomes parisiens, par un Professeur, membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes. "Le livre n'a pas été épuisé depuis sa première parution, peu avant la mort de Brillat-Savarin. Sa traduction anglaise la plus remarquable a été réalisée par l'écrivain et critique gastronomique M. F. K. Fisher, qui a déclaré : "Je me considère comme béni parmi les traducteurs". Sa traduction a été publiée pour la première fois en 1949. La philosophie d'Epicure se trouve au dos de chaque page ; le repas le plus simple satisfaisait Brillat-Savarin, à condition qu'il soit exécuté avec art :
Les personnes qui souffrent d'indigestion, ou qui s'enivrent, ignorent totalement les véritables principes de l'alimentation et de la boisson.