Pendant l'Holocauste, des millions de personnes sont mortes ou ont été tuées par le régime nazi et ses collaborateurs. Parmi ces victimes, on estime qu'environ six millions de Juifs ont été systématiquement assassinés dans le cadre du génocide connu en hébreu sous le nom de « Shoah ». À côté d'eux, des millions de personnes non juives ont également été persécutées et tuées pour des motifs raciaux, politiques, sociaux ou idéologiques.

Qui étaient les victimes ?

Les victimes de la politique nazie venaient de nombreux pays, religions, groupes ethniques et milieux sociaux. Voici les principaux groupes visés, avec des estimations qui peuvent varier selon les sources :

  • Juifs : environ 5,7 à 6,3 millions de personnes, ciblées par la politique d'extermination systématique.
  • Roms (Tsiganes) : entre 200 000 et 500 000 victimes, persécutées pour des raisons raciales.
  • Personnes handicapées : plusieurs dizaines à quelques centaines de milliers (estimations autour de 200 000 à 300 000) tuées dans le cadre des programmes d'euthanasie (programme « Aktion T4 » et mesures similaires).
  • Civils polonais : des millions de Polonais non juifs ont péri des suites des violences d'occupation, des déportations, du travail forcé et des répressions (estimations courantes : 1,8 à 2,8 millions ou plus selon les critères retenus).
  • Prisonniers de guerre soviétiques : plusieurs millions (souvent cités autour de 3 millions) sont morts de massacres, de privation et de conditions déplorables dans les camps et lors des internements.
  • Opposants politiques, résistants, communistes, socialistes : des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées, déportées et souvent exécutées.
  • Homosexuels : des milliers, internés et persécutés ; beaucoup ont été emprisonnés et certains sont morts en camp.
  • Témoins de Jéhovah : plusieurs milliers persécutés pour leur refus de se soumettre au régime, certains sont morts en camp.
  • Autres groupes : intellectuels, détenus de droit commun déportés, travailleurs forcés venus des territoires occupés, minorités nationales et religieuses diverses — tous ont été victimes selon les contextes locaux.

Comment ces personnes sont‑elles mortes ?

Les méthodes de mise à mort et de persécution étaient variées et souvent combinées :

  • assassinats de masse par fusillade (notamment par les Einsatzgruppen en Europe de l'Est) ;
  • >mise en place de centres d'extermination et de chambres à gaz (par ex. Auschwitz‑Birkenau, Treblinka, Sobibór, Bełżec, Chelmno) ;
  • conditions mortelles dans les camps de concentration et de travail (faim, froid, maladies, épuisement) ;
  • déportations et travaux forcés dans des conditions inhumaines ;
  • expérimentations médicales et violences individuelles ;
  • politiques délibérées de famine et de répression dans les territoires occupés.

Chiffres, définitions et incertitudes

Les chiffres varient selon les critères utilisés et selon que l’on parle strictement de la « Shoah » (le génocide des Juifs) ou d’un ensemble plus large de politiques nazies de persécution et d'extermination. L'estimation la plus souvent citée pour la Shoah est d'environ six millions de Juifs. Quand on ajoute les millions de victimes non juives des politiques racistes, idéologiques et militaires nazies, on obtient un total souvent chiffré autour de 11 millions de personnes exécutées ou mortes du fait de ces politiques (6 millions de Juifs + environ 5 millions de non‑Juifs). D'autres décomptes plus larges, qui incluent des dizaines de millions de morts civiles dues aux conséquences globales de la Seconde Guerre mondiale, donnent des totaux supérieurs ; ces chiffres reflètent cependant des périmètres différents et ne doivent pas être confondus.

Pourquoi ces estimations varient‑elles ?

Plusieurs raisons expliquent l'incertitude des nombres :

  • destruction volontaire ou perte d'archives par les nazis ;
  • mobilité des populations, déportations et absence de registres complets ;
  • différents critères pour définir qui est compté (par exemple : victimes tuées spécifiquement pour des motifs raciaux/idéologiques versus victimes civiles de la guerre) ;
  • recherches historiques et découvertes d'archives qui affinent régulièrement les estimations.

Importance de la mémoire

Au‑delà des chiffres, il est essentiel de se souvenir des individus, des communautés et des mécanismes qui ont conduit à ces crimes. L'enseignement, la recherche historique et la commémoration visent à honorer les victimes, à comprendre les processus de radicalisation et d'exclusion, et à prévenir de nouvelles formes de haine et de génocide.