Jeu pathologique (trouble du jeu) : définitions, signes et prise en charge
Synthèse sur le jeu pathologique : définition, critères diagnostiques, facteurs de risque, conséquences, évaluation, traitements et prévention.
Le jeu pathologique, aussi appelé trouble du jeu, désigne une conduite de jeu persistante et répétée qui entraîne des conséquences négatives importantes dans la vie personnelle, sociale ou professionnelle. Ce trouble est désormais classé parmi les troubles liés aux addictions comportementales et partage des mécanismes de dépendance similaires à ceux observés dans les addictions à des substances.
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2 ImagesDéfinition et critères diagnostiques
Dans la classification psychiatrique courante, le trouble du jeu est caractérisé par un ensemble de comportements et d'intensité croissante de la pratique du jeu. Les critères cliniques incluent notamment la préoccupation persistante par le jeu, le besoin d'augmenter les mises pour obtenir la même excitation, les efforts répétés et infructueux pour réduire ou arrêter, et la persistance du jeu malgré des conséquences négatives. Un seuil diagnostique (nombre minimum de critères présents sur une période donnée) est utilisé par les cliniciens pour poser un diagnostic formel.
Signes et manifestations
- Préoccupation constante par le jeu (pensées, planification) ;
- Tolérance : augmentation progressive des mises ;
- Perte de contrôle : incapacité répétée à réduire ou arrêter ;
- Chasing : poursuite des pertes pour tenter de les récupérer ;
- Mensonges ou dissimulation sur l'ampleur du jeu ;
- Conséquences sociales ou financières : dettes, conflits familiaux, isolement ;
- Usage comme échappatoire face à l'anxiété, la dépression ou au stress.
Causes et mécanismes
Le développement du trouble du jeu résulte d'une interaction de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Sur le plan neurobiologique, le système de récompense cérébral (notamment les voies dopaminergiques) et des biais cognitifs (illusion de contrôle, mauvaise estimation des probabilités) jouent un rôle important. Des antécédents familiaux, des traits de personnalité tels que l'impulsivité ou la recherche de sensations, ainsi que l'exposition accrue aux jeux en ligne augmentent le risque.
Facteurs de risque et populations vulnérables
Les facteurs de risque incluent l'âge (jeunes adultes et parfois personnes âgées selon le contexte), le fait d'être de sexe masculin, une histoire de troubles addictifs ou psychiatriques, des difficultés socio-économiques et un accès facile aux jeux. Les jeux en ligne et les applications mobiles ont modifié l'exposition et les modalités de jeu, facilitant parfois le développement de comportements problématiques.
Conséquences et comorbidités
Les conséquences peuvent être graves : dettes, perte d'emploi, conflits familiaux, détérioration de la santé mentale (dépression, anxiété) et risque suicidaire accru dans les cas sévères. Le trouble du jeu coexiste fréquemment avec d'autres troubles psychiatriques tels que les addictions à l'alcool ou aux substances, les troubles de l'humeur et les troubles anxieux.
Évaluation et outils de dépistage
L'évaluation repose sur l'entretien clinique et l'utilisation d'échelles validées destinées au dépistage et à la quantification de la gravité (questionnaires reconnus utilisés en pratique). Le dépistage précoce, en milieu médical ou social, permet d'orienter vers une prise en charge adaptée.
Prise en charge
La prise en charge associe plusieurs approches complémentaires :
- Psychothérapies : thérapie comportementale et cognitive (TCC) orientée vers la modification des pensées et comportements de jeu ; thérapies motivationnelles et interventions familiales ;
- Soutien de groupe : groupes d'entraide et programmes de pairs pour partager l'expérience et maintenir l'abstinence ;
- Interventions sociales : conseils financiers, mesures d'auto-exclusion des établissements ou sites, limitation des moyens de paiement ;
- Traitements médicamenteux : aucun médicament n'est universellement recommandé, mais certains agents peuvent être proposés pour traiter des symptômes associés ou des comorbidités (antidépresseurs, antagonistes opioïdes dans certains cas) sous supervision médicale.
Prévention et actions de santé publique
Les mesures de prévention combinent réglementation des jeux (limites d'âge, publicité encadrée), dispositifs d'auto-exclusion, information sur les probabilités et les biais cognitifs, et formation des professionnels pour détecter précocement les comportements à risque. La promotion d'alternatives de loisirs et le soutien aux personnes en difficulté contribuent à réduire l'impact social.
Pronostic et conseils pratiques
Le pronostic varie : certaines personnes obtiennent une rémission durable avec un suivi approprié, d'autres connaissent des rechutes et nécessitent une prise en charge prolongée. Il est recommandé, dès l'apparition de signes inquiétants, de consulter un professionnel de santé ou une structure spécialisée, d'informer l'entourage et de mettre en place des protections financières pour limiter les dommages immédiats.
La reconnaissance précoce, la combinaison d'interventions psychothérapeutiques et sociales, et un accompagnement soutenu augmentent les chances de rétablissement et de réinsertion sociale.
Questions et réponses
Q : Qu'est-ce que la dépendance au jeu ?
R : On parle de dépendance au jeu lorsqu'une personne est obsédée par le jeu malgré les conséquences négatives. La personne risque souvent de tout perdre, et elle peut penser au suicide plus que la population générale.
Q : Comment la dépendance au jeu se compare-t-elle aux autres dépendances ?
R : À bien des égards, la dépendance au jeu est similaire à d'autres dépendances telles que l'alcool ou la consommation de drogues illégales. Une personne souffrant d'une dépendance au jeu a souvent besoin de jouer avec de plus en plus d'argent pour se satisfaire, a fait des efforts répétés et infructueux pour réduire ses dépenses, s'obstine à regagner ses pertes, a mis en péril ou perdu des relations et dépend d'autres personnes pour son soutien financier.
Q : Comment se traite-t-elle ?
R : La dépendance au jeu est une maladie grave et difficile à surmonter. Dans la plupart des cas, elle est traitée par le biais d'une thérapie et de conseils, tandis que dans certains cas, des médicaments spécifiques peuvent aider, mais il n'existe pas de remède définitif.
Q : Quelles sont les preuves qui suggèrent que les personnes âgées sont plus susceptibles de devenir des joueurs dépendants ?
R : La recherche démontre comment le cerveau peut devenir dépendant des jeux de hasard et il existe également des preuves que les personnes âgées sont plus susceptibles de devenir des joueurs dépendants.
Q : Quel a été l'impact des machines à sous sur le problème des jeux d'argent ?
R : Les machines à sous sont depuis longtemps répandues dans le monde entier et selon les données de chercheurs au Canada seulement, le nombre de joueurs à problèmes a augmenté de plus de 75 % dans la seule première moitié des années 1990 en raison de leur omniprésence et de l'effet suggestif d'une opportunité de gain facile en peu de temps.
Q : Covid-19 a-t-il eu un impact sur le comportement des joueurs en ligne ?
R : Oui - 68% des joueurs actifs ont dépensé plus d'argent en ligne depuis le début du verrouillage, ce qui pourrait s'expliquer par le fait que ces parieurs fréquents étaient déjà vulnérables avant l'arrivée de Covid-19, mais aussi par le fait que 40% des personnes ont connu une baisse de leur revenu disponible et pourraient donc se tourner vers les paris en ligne comme solution rapide à leurs difficultés financières.
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Auteur
AlegsaOnline.com Jeu pathologique (trouble du jeu) : définitions, signes et prise en charge Leandro Alegsa
URL: https://fr.alegsaonline.com/art/37368
Sources
- aarp.org : "Losing Everything to Gambling Addiction"
