Déterminisme
Le déterminisme vient de l'idée que notre monde - et l'univers - est en quelque sorte comme une machine. Cette idée remonte à loin dans l'histoire (au moins 2 500 ans).
Le déterminisme dur
Il existe plus d'un type de déterminisme, mais il s'agit essentiellement de l'idée que les événements du passé décident pleinement des événements (causes) à venir. Cela revient à dire que "l'univers est comme un instrument mécanique". Si vous saviez tout à ce sujet, vous pourriez prédire exactement ce qui se passera. Pour illustrer cela, Pierre-Simon Laplace a proposé en 1814 une expérience de pensée qu'il a appelée le "démon de Laplace". Si le déterminisme est le cas, alors il ne peut y avoir de libre arbitre.
L'opinion selon laquelle un univers déterministe signifie que les gens n'ont pas de libre arbitre est appelée "incompatibilité". Cela signifie que si le déterminisme est vrai, il est incompatible avec le libre arbitre, et donc le libre arbitre n'existe pas.
Le déterminisme doux
De nombreux penseurs n'aiment pas ce qui découle d'un déterminisme dur, et des idées ont été avancées pour expliquer pourquoi nous avons le libre arbitre. Nous ne présentons ici qu'une de ces idées.
Le déterminisme doux (ou "compatibilisme") tente de conserver le déterminisme, mais prétend toujours que le libre arbitre est possible. David Hume avait cette position. Selon Hume, le libre arbitre n'est pas la capacité de prendre une décision différente dans les mêmes circonstances. Parce qu'il peut y avoir de légères différences dans les circonstances, une décision différente peut être prise. Chrysippos. Un philosophe stoïque donne l'exemple d'un chien qui est attaché à une charrette. Ce chien peut librement décider de suivre la charrette. William James a inventé le terme "déterminisme doux" dans The dilemma of determinism en 1884. James y écrit : "Une opinion commune prévaut, selon laquelle le jus a été pressé il y a des lustres pour sortir de la controverse du libre arbitre". James poursuit en affirmant, tout comme Plutarque, que les événements se divisent en deux groupes : le déterminisme causal et le reste.
"Je crois moi-même que toutes les magnifiques réalisations des sciences mathématiques et physiques - nos doctrines de l'évolution, de l'uniformité du droit, et le reste - procèdent de notre désir indomptable de donner au monde une forme plus rationnelle dans notre esprit que celle dans laquelle il est jeté par l'ordre brut de notre expérience. Le monde s'est montré, dans une large mesure, plastique à cette exigence de rationalité qui est la nôtre. Si une certaine formule pour exprimer la nature du monde viole ma demande morale, je me sentirai aussi libre de la jeter par-dessus bord, ou du moins d'en douter, que si elle déçoit ma demande d'uniformité de la séquence... Le principe de causalité, par exemple, qu'est-ce que c'est sinon un postulat, un nom vide couvrant une demande que la séquence des événements... manifeste une sorte d'appartenance plus profonde d'une chose à une autre que la simple juxtaposition arbitraire qui apparaît maintenant de façon phénoménale ?
- William James, La volonté de croire, p. 147