Fantastic était un magazine américain de fantaisie et de science‑fiction publié au format digest de 1952 à 1980. Lancé par Ziff‑Davis comme un titre compagnon de Amazing Stories, il devait proposer des nouvelles de fantaisie (fantasy) et de science‑fiction destinées à un large public de lecteurs de poche.

Premières années et problèmes éditoriaux

Les premières années furent difficiles : après un lancement prometteur les ventes chutèrent rapidement. Sous la direction de Howard Browne, le magazine bascula progressivement vers une programmation davantage orientée science‑fiction que fantastique, ce qui ne correspondait pas aux attentes initiales. Browne perdit de plus en plus d'intérêt pour la revue et, au milieu des années 1950, sous Browne puis son successeur Paul W. Fairman, Fantastic publiait parfois des textes jugés de qualité inégale par les lecteurs et la critique de l'époque.

La période Cele Goldsmith : renouveau

À la fin des années 1950, Cele Goldsmith (plus tard Cele Goldsmith Lalli) prit la direction éditoriale simultanée de Fantastic et de Amazing Stories. Sa politique de découverte et de soutien aux jeunes talents permit au magazine de retrouver une vitalité accrue : elle publia les premières nouvelles de plusieurs écrivains qui allaient devenir des figures majeures du genre, notamment Roger Zelazny et Ursula K. Le Guin. Sous sa houlette, la qualité des textes remonta et le titre regagna en réputation auprès d'un public plus exigeant.

Achat par Sol Cohen et politique de réimpressions

En 1965, Ziff‑Davis vendit Fantastic et Amazing Stories à Sol Cohen. Cohen nomma Joseph Wrzos rédacteur en chef et mit en place une politique axée sur les réimpressions plutôt que sur la publication de textes inédits. Cette stratégie permit de réduire les coûts et fut rentable à court terme, mais elle suscita rapidement des tensions avec la communauté des auteurs : la Science Fiction Writers of America (SFWA) critiqua la politique du nouveau propriétaire, en particulier en ce qui concerne les droits et la rémunération des auteurs pour les réutilisations de leurs œuvres.

Renaissance sous Ted White et derniers épisodes

À la fin des années 1960, Ted White prit la direction de la revue et mit fin à la politique exclusive de réimpressions. Il travailla à redynamiser Fantastic en remettant en avant la publication de textes originaux, en soignant la présentation et en faisant appel à des artistes issus du monde de la bande dessinée pour donner au magazine un aspect visuel plus moderne. Malgré ses efforts éditoriaux, des tensions financières et commerciales subsistèrent.

En 1978, Sol Cohen vendit la moitié de son entreprise à son associé Arthur Bernhard ; peu après, Ted White démissionna. La nouvelle rédactrice en chef fut Elinor Mavor, qui prit la suite dans un contexte de marché difficile pour les pulps et les digests de science‑fiction. Deux ans plus tard, en 1980, Bernhard décida de fermer Fantastic et de le fusionner avec Amazing Stories, titre qui conservait alors un léger avantage de diffusion.

Héritage

Sur près de trois décennies, Fantastic a joué un rôle important dans l'écosystème de la fantasy et de la science‑fiction américaines : il a lancé ou aidé à lancer la carrière de plusieurs auteurs devenus notables et a reflété, à travers ses choix éditoriaux, les évolutions du genre et du marché. Sa histoire illustre les tensions entre exigence littéraire, contraintes économiques et droits des auteurs dans l'industrie des revues de genre du XXe siècle.