Définition générale

Un cylindre est une surface ou un solide obtenu en déplaçant une courbe plane le long d'une droite parallèle à elle-même. On distingue le cylindre comme surface réglée (généralement infini) formé par une famille de droites parallèles et le cylindre comme solide limité par deux plans parallèles coupant cette surface — on parle alors de cylindre fini ou prisme circulaire lorsque la courbe génératrice est un cercle.

Formules usuelles pour le cylindre droit circulaire

Pour un cylindre droit de base circulaire de rayon r et de hauteur h (axes perpendiculaires aux bases) :

  • Volume : V = π r² h.
  • Aire latérale : A_lat = 2 π r h (on peut la voir comme le rectangle de côtés 2πr et h obtenu en déroulant la surface latérale).
  • Aire totale : A_tot = 2 π r (r + h) (inclut les deux bases).

Pour un cylindre annulaire (coque ou tuyau) de rayons intérieur r et extérieur R et hauteur h, on a V = π (R² − r²) h et A_lat = 2 π (R + r) h seulement si l'on considère les surfaces intérieures et extérieures; souvent on retient A_lat_ext = 2 π R h pour la surface extérieure.

Cas oblique et principe de Cavalieri

Un cylindre oblique conserve la même aire de base que le cylindre droit ayant la même section; son volume est égal à l'aire de la base multipliée par la distance entre les plans qui délimitent les bases (hauteur perpendiculaire aux bases). Cette invariance découle du principe de Cavalieri : deux solides ont le même volume si, pour toute coupe parallèle aux bases, les sections ont la même aire.

Paramétrisation et équations

Un cylindre circulaire droit centré sur l'axe z s'exprime par l'équation x² + y² = r², indépendante de z. Une paramétrisation usuelle est (x,y,z) = (r cos θ, r sin θ, z) avec θ ∈ [0,2π) et z variable. Plus généralement, un cylindre est l'ensemble des points r(t) + s v, où r(t) parcourt une courbe plane et v est un vecteur fixe non nul; la direction v donne l'axe des génératrices.

Variantes et nomenclature

  • Cylindre circulaire droit : base circulaire et génératrices perpendiculaires aux bases.
  • Cylindre oblique : bases parallèles mais génératrices inclinées par rapport aux bases.
  • Cylindre elliptique : base elliptique (équation x²/a² + y²/b² = 1).
  • Cylindres paraboliques ou hyperboliques : lorsque la courbe génératrice est respectivement une parabole ou une hyperbole; ces surfaces conservent la propriété d'être engendrées par des droites parallèles.
  • Cylindre infini : surface non bornée utilisée en géométrie différentielle ou en physique (modèles de symétrie).

Propriétés différentielles et métriques

La surface latérale d'un cylindre droit est développable, c'est‑à‑dire qu'on peut la dérouler sur un plan sans distorsion; sa courbure gaussienne est nulle. En revanche, la courbure moyenne n'est généralement pas nulle. Le cylindre est un exemple simple de surface réglée et sert d'exemple pédagogique en géométrie différentielle et en topologie.

Moments d'inertie et propriétés physiques

En mécanique, le cylindre solide et la coque cylindrique sont des géométries courantes. Pour un cylindre solide homogène de masse m et de rayon r tournant autour de son axe central, le moment d'inertie est I = (1/2) m r². Pour une fine couche cylindrique (coque mince) de masse m on obtient I = m r². Ces formules sont largement utilisées en génie mécanique et en dynamique des rotations.

Histoire et développement mathématique

La connaissance des volumes et des aires des cylindres remonte à l'Antiquité, où les praticiens et savants utilisaient ces solides pour la construction, le stockage et le calcul de capacités. Les mathématiciens grecs, notamment ceux de l'école d'Archimède, ont étudié les rapports de volumes et mis au point des méthodes de quadrature et de comparaisons qui préfigurent l'intégration moderne.

Applications et exemples concrets

Les cylindres sont omniprésents : tuyaux et conduites, réservoirs et bouteilles, axes de machines, pistons et tubes, tambours, boîtes de conserve. Leur symétrie facilite la résolution de problèmes physiques (écoulement, conduction thermique, vibrations) et les rend favorables pour les calculs d'ingénierie et la fabrication industrielle.

Calculs pratiques

  • Pour vérifier la quantité de matière à remplir un réservoir cylindrique : V = π r² h.
  • Pour dimensionner une paroi cylindrique mince, on utilise l'aire latérale A_lat = 2 π r h pour évaluer la surface à couvrir et la résistance aux contraintes de membrane.
  • En fabrication, le déroulé d'une feuille métallique pour former un cylindre utilise la longueur 2πr et la hauteur h.