Croisades : guerres saintes, enjeux et héritage (XIe–XIIIe siècle)
Croisades (XIe–XIIIe s.) : histoire des guerres saintes, enjeux politiques et religieux, récits, batailles et héritages culturels ayant façonné Méditerranée et relations interconfessionnelles.
Les Croisades désignent un ensemble complexe d'expéditions militaires, religieuses et politiques menées principalement entre la fin du XIe siècle et la fin du XIIIe siècle entre des souverains et des armées chrétiens d'Europe et des puissances musulmanes du Proche-Orient. Elles prirent d'abord appui sur l'idée de libérer ou de protéger la « Terre Sainte » — des lieux sacrés pour le christianisme, le judaïsme et l'islam — mais leurs causes, leurs modalités et leurs conséquences sont beaucoup plus variées et profondes que la seule dimension religieuse.
Contexte et causes
Plusieurs facteurs se sont combinés pour déclencher les premières croisades :
- Religieux : l'appel du pape à la guerre sainte s'appuyait sur la promesse d'indulgences (remise des péchés) pour les combattants et la volonté de protéger les pèlerinages chrétiens à Jérusalem.
- Politique et militaire : la poussée des Turcs seldjoukides et la demande d'aide de l'empereur byzantin ont servi de prétexte immédiat à l'intervention occidentale.
- Économique et social : ambitions territoriales, recherche de débouchés commerciaux, accès aux richesses orientales et tensions internes en Europe (surpopulation relative, violence féodale) ont poussé de nombreux chevaliers à partir.
- Culturel : la réforme de l'Église et la centralisation du pouvoir papal rendaient plus efficace l'organisation de campagnes à vocation religieuse.
Terre Sainte et lieux sacrés
La « Terre Sainte » recouvre des lieux considérés comme saints par les trois religions monothéistes : Jérusalem, Nazareth, Bethléem et d'autres sites. Ces lieux étaient depuis longtemps sous domination musulmane : la ville de Jérusalem était passée sous le contrôle du calife Omar au VIIe siècle (vers 637). La proximité géographique et symbolique de ces lieux explique en partie l'intensité des affrontements et la valeur religieuse attachée à leur possession.
Les grandes campagnes (XIe–XIIIe siècle)
On parle souvent d’une série de croisades numérotées. Selon les historiens, on retient généralement entre huit et neuf « grandes » croisades entre la fin du XIe et la fin du XIIIe siècle. Voici un bref panorama :
- Première croisade (1096–1099) : lancée après le concile de Clermont (1095) par le pape Urbain II, elle aboutit à la prise de Jérusalem en 1099 et à la création des États latins d'Orient (comtés et principautés tels qu'Antioche, Édesse, Tripoli et le royaume de Jérusalem).
- Deuxième croisade (1147–1149) : déclenchée après la chute d'Édesse (1144), elle fut un échec pour les souverains occidentaux (notamment Louis VII et Conrad III).
- Troisième croisade (1189–1192) : face à la reconquête de Jérusalem par Saladin (1187), des rois comme Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste et Frédéric Barberousse partirent en Orient ; la croisade aboutit à un traité (1192) qui permit aux pèlerins chrétiens l'accès à Jérusalem, sans restitution durable du royaume franc.
- Quatrième croisade (1202–1204) : détournée de son objectif initial, elle aboutit au sac de Constantinople (1204) et à l'affaiblissement durable de l'Empire byzantin, avec des conséquences politiques majeures en Méditerranée.
- Cinquième à huitième croisades (1217–1270) : séries d'expéditions diverses, souvent tournées vers l'Égypte et parfois mal préparées (ex. campagnes de saint Louis), qui ne permirent pas de rétablir une domination chrétienne durable en Terre Sainte.
- Neuvième croisade (1271–1272) : campagne du futur roi d'Angleterre Édouard Ier ; elle est parfois comptée séparément. Les derniers bastions francs tombent progressivement : Antioche (1268), Tripoli (1289) puis Acre (1291) marquent la fin effective de la présence croisée en Terre Sainte.
Autres croisades et campagnes liées
Les « croisades » ne se limitent pas au Proche-Orient :
- Reconquista : en Espagne et au Portugal, la lutte contre les royaumes musulmans dura plusieurs siècles et s'inscrivit dans le même discours de guerre sainte.
- Croisades d'Occident : la croisade des Albigeois (contre les Cathares, début du XIIIe siècle) est un exemple d'intervention intérieure à caractère religieux et politique.
- Croisades de la Baltique : entreprises contre des populations païennes d'Europe du Nord (croisades du Nord) sous l'égide des chevaliers teutoniques.
- Croisades populaires : épisodes spontanés comme la « croisade des enfants » (1212) illustrent les déformations sociales et religieuses du mouvement.
Acteurs et institutions
- Les ordres militaires : Templiers, Hospitaliers, Teutoniques jouèrent un rôle central dans la défense des États latins et dans la gestion des ressources.
- Les puissances maritimes : Venise, Gênes et Pise tirèrent d'importants bénéfices commerciaux et territoriaux des croisades.
- Les populations civiles : Juifs et musulmans d'Europe et d'Orient souffrirent de violences et de persécutions (massacres lors des départs de 1096 en Rhénanie, expulsions, pillages).
Motivations religieuses et terminologie
Le mot « croisade » dérive effectivement de la croix portée comme signe distinctif par les combattants chrétiens. L'équivalent arabe le plus connu est jihad, terme qui a des acceptions religieuses, morales et militaires très diverses et ne se réduit pas à la « guerre sainte » au sens occidental médiéval. Il est important de souligner que, si la religion a servi de légitimation morale, les raisons politiques, économiques et sociales ont été tout aussi déterminantes.
Héritage et conséquences
Les conséquences des croisades sont multiples :
- Politiques : affaiblissement de Byzance, renforcement du pouvoir papal puis tensions entre papauté et souverains laïcs ; redéploiement des forces et alliances en Méditerranée.
- Économiques et culturelles : essor des échanges commerciaux entre Occident et Orient, diffusion de techniques, de plantes, de produits et de savoirs (mathématiques, médecine, philosophie via les traductions d’œuvres arabes et grecques).
- Militaires : évolution des techniques de guerre, apparition d'ordres militaires professionnels et influence sur l'architecture (fortifications, châteaux).
- Sociaux et humains : grandes pertes humaines, souffrances des populations civiles, persécutions antijuives en Europe, déplacements de populations et transformations démographiques locales.
- Mémorial et mémoire : les croisades ont durablement marqué les imaginaires en Occident et dans le monde musulman ; elles sont encore invoquées parfois dans les discours politiques modernes, souvent de manière anachronique.
Conclusion
Les croisades furent un phénomène complexe mêlant foi religieuse, ambitions politiques, intérêts économiques et enjeux culturels. Leur étude oblige à dépasser les simplifications pour comprendre leurs causes multiples et leurs effets à long terme sur l'Europe, le Proche-Orient et les relations entre religions. Si elles ont duré principalement du XIe au XIIIe siècle, leurs répercussions se font sentir dans l'histoire politique, religieuse et culturelle de l'Occident et du monde méditerranéen.
Premières Croisades
Alexius Ier était un souverain de l'Empire byzantin. Lorsqu'Alexius a appelé à l'aide pour défendre son empire contre les Turcs seldjoukides en 1095, le pape Urbain II a demandé à tous les chrétiens de se joindre à une guerre contre les Turcs. Le pape a dit aux chrétiens que le fait de faire la guerre permettrait de rembourser Dieu pour leurs péchés et que s'ils mouraient lors d'une croisade, ils iraient directement au ciel. Les soldats chrétiens étaient appelés "croisés". Les armées chrétiennes ont marché sur Jérusalem, attaquant plusieurs villes sur leur chemin. En 1099, elles ont gagné la bataille pour Jérusalem. À la suite de la première croisade, quatre États croisés ont été créés. Il s'agit du comté d'Édesse, de la principauté d'Antioche, du comté de Tripoli et du royaume de Jérusalem.
Deuxième croisade
Après quelques années de paix, Bernard de Clairvaux appelle à une nouvelle croisade lorsque la ville d'Edessa est attaquée par les Turcs. Les armées françaises et allemandes marchent vers la Terre Sainte en 1147, mais sont vaincues. En chemin, les Croisés ont aidé les Portugais à s'emparer de Lisbonne en Andalousie dans le cadre de la Reconquista.
Troisième croisade
En 1187, Saladin reprend Jérusalem. Le pape Grégoire VIII appelle à une nouvelle croisade, menée par plusieurs rois d'Europe : Philippe II de France, Richard Ier d'Angleterre et Frédéric Ier, empereur du Saint Empire romain. Frédéric se noya en Cilicie en 1190. Les Croisés rétablissent le royaume de Jérusalem à Acre. Richard vainc Saladin à Arsuf et Jaffa mais manque d'hommes pour tenter de reprendre Jérusalem. Richard et Saladin ont conclu une trêve qui a permis aux chrétiens de traverser Jérusalem en toute sécurité. Par la suite, Richard partit en 1192. Sur le chemin du retour de Richard, son navire fit naufrage, le conduisant en Autriche. En Autriche, son ennemi, le duc Léopold, le captura et Richard fut rançonné.
Quatrième croisade
La quatrième croisade a été lancée par le pape Innocent III en 1202, avec l'idée d'attaquer la Terre Sainte à travers l'Égypte. Les Vénitiens ont modifié cette croisade et se sont rendus dans la ville chrétienne de Constantinople, où ils ont tenté de placer un exilé byzantin sur le trône. Après une série de malentendus et d'explosions de violence, la ville est saccagée en 1204.
Croisade des Albigeois
La Croisade des Albigeois a été lancée en 1209 pour éliminer les Cathares du sud de la France.
Croisade des enfants
La Croisade des enfants est une croisade de 1212. Une explosion de l'ancien enthousiasme populaire a conduit à un rassemblement d'enfants en France et en Allemagne. Un garçon, de France ou d'Allemagne, a déclaré que Jésus lui avait rendu visite et lui a dit de convertir pacifiquement les musulmans au christianisme. Suite à cette vision, de nombreux enfants ont formé des groupes et ont marché vers l'Italie. Là, ils ont été mis sur des bateaux qui ont chaviré lors d'une tempête ou qui sont allés au Maroc. La plupart des enfants sont morts de faim ou ont été vendus comme esclaves.
Recherches plus récentes
Dans le premier mouvement, Nicolas, un berger allemand, a mené un groupe à travers les Alpes et en Italie au début du printemps 1212. Environ 7 000 personnes sont arrivées à Gênes à la fin du mois d'août. Cependant, leurs plans n'ont pas porté leurs fruits lorsque les eaux ne se sont pas séparées comme promis et que le groupe s'est dispersé. Certains sont partis chez eux, d'autres sont peut-être allés à Rome, d'autres encore ont peut-être descendu le Rhône jusqu'à Marseille où ils ont probablement été vendus comme esclaves. Peu sont rentrés chez eux et aucun n'a atteint la Terre Sainte.
Le second mouvement est mené par un "garçon de berger" nommé Stephen de Cloyes près du village de Châteaudun. En juin de cette année-là, le garçon a déclaré qu'il avait une lettre de Jésus pour le roi de France. Il a pu rassembler une foule de plus de 30 000 personnes et s'est rendu à Saint-Denis. Là, on l'a vu faire des miracles. Sur ordre de Philippe II, sur les conseils de l'Université de Paris, la foule fut renvoyée chez elle, et la plupart d'entre eux s'y rendirent. Aucune des sources contemporaines ne mentionne de plan de la foule pour se rendre à Jérusalem.
Des chroniqueurs ultérieurs ont développé ces événements. Des recherches récentes suggèrent que les participants n'étaient pas des enfants, du moins pas les plus jeunes. Au début des années 1200, des bandes de pauvres errants ont commencé à apparaître dans toute l'Europe. Il s'agissait de personnes déplacées par les changements économiques de l'époque qui ont forcé de nombreux paysans pauvres du nord de la France et de l'Allemagne à vendre leurs terres. Ces bandes étaient appelées pueri (latin pour "garçons") d'une manière condescendante, un peu comme on appelle les habitants des zones rurales aux États-Unis les "country boys".
En 1212, un jeune puer français nommé Stephen et un puer allemand nommé Nicholas ont commencé à affirmer séparément qu'ils avaient tous deux eu des visions similaires de Jésus. C'est ainsi que ces bandes de pauvres errants se sont unies en un mouvement de protestation religieuse qui a transformé cette errance forcée en un voyage religieux. Les pueri marchèrent, en suivant la Croix. Ils s'associent au cheminement biblique de Jésus. Mais ce n'était pas le prélude à une guerre sainte.
À cette époque, les chroniques étaient surtout tenues par l'Église catholique. Elles étaient écrites en latin.
Trente ans plus tard, des chroniqueurs ont lu les récits de ces processions et ont traduit pueri par "enfants" sans en comprendre l'usage. Ainsi, la Croisade des enfants est née. L'histoire qui en résulte illustre à quel point le concept de croisade était ancré dans la population de cette époque ; les chroniqueurs supposaient que les pueri devaient être des croisés. Dans leur innocence, ils sont revenus aux fondements de la croisade caractéristique de Pierre l'Hermite, et ont rencontré le même genre de destin tragique.
Selon Matthew Paris, l'un des chefs de la Croisade des enfants est devenu "Le Maître de Hongrie", le chef de la Croisade des bergers en 1251.

La croisade des enfants, par Gustave Doré
Cinquième croisade
En 1213, le pape Grégoire IX pousse Frédéric II à mener la cinquième croisade. L'Église a tenté une autre croisade pour attaquer la Terre Sainte. Une force de croisade de Hongrie, d'Autriche et de Bavière s'empare de Damiette, une ville d'Égypte, en 1219. Les croisés ont dû se rendre, car ils ont perdu la bataille du Caire.
Sixième croisade
En 1228, l'empereur Frédéric II quitte Brindisi pour la Syrie. Il le fait après que le pape l'ait excommunié. En parlant avec les Turcs, il a réussi, et Jérusalem, Nazareth et Bethléem ont été donnés aux Croisés pendant dix ans sans combat. Ce fut la première grande croisade non initiée par la papauté, une tendance qui allait se poursuivre pendant le reste du siècle. Cette croisade n'a duré qu'un an, de 1228 à 1229.
Septième croisade
Les Templiers se sont disputés avec l'Égypte en 1243. En 1244, l'Égypte attaque Jérusalem. Louis IX de France lance une croisade contre l'Égypte de 1248 à 1254. Ce fut un échec, et Louis passa une grande partie de la croisade à vivre à Acre. Au milieu de cette croisade se trouve la première croisade des bergers en 1251.
Huitième croisade
La huitième croisade a été organisée par Louis IX de France en 1270, pour aider les états croisés en Syrie. Cependant, la croisade s'est rendue jusqu'à Tunis, où Louis est mort un mois plus tard.
Neuvième croisade
Avant d'être roi, Édouard Ier d'Angleterre a lancé une croisade en 1271. Il se retira l'année suivante après une trêve.
La fin des croisades
Avec le temps, le peuple a entrepris des croisades à d'autres fins. Les Croisades se sont terminées deux siècles après leur début, avec des résultats mitigés. Les croisades se sont terminées avec la chute mamelouke d'Acre en 1291. (le lien n'est pas encore établi).
Questions et réponses
Q : Qu'est-ce que les Croisades ?
R : Les croisades étaient une série de guerres de religion entre chrétiens et musulmans qui ont eu lieu entre 1096 et 1291, principalement au Moyen-Orient.
Q : Quel était le but des croisades ?
R : Le but principal des croisades était de prendre le contrôle de la Terre Sainte, qui est maintenant connue sous le nom d'Israël. Cette terre est importante pour trois grandes religions monothéistes - l'islam, le judaïsme et le christianisme.
Q : Combien de grandes croisades ont eu lieu au cours de cette période ?
R : Neuf grandes croisades ont eu lieu entre le 11e siècle et le 13e siècle.
Q : Y a-t-il eu de plus petites croisades ?
R : Oui, il y a eu aussi de nombreuses croisades plus petites qui se sont poursuivies au 16e siècle jusqu'à la Renaissance et la Réforme. Certaines ont même eu lieu en Europe (par exemple en Allemagne, en Autriche, en Scandinavie et en France).
Q : Que signifie le mot "croisade" ?
R : Le mot "croisade" est lié au mot "croix", et signifie une guerre sainte chrétienne. Les musulmans utilisent parfois le mot arabe "djihad" pour décrire ces guerres.
Q : Quand les forces musulmanes ont-elles pris le contrôle de Jérusalem ?
R : Les forces musulmanes avaient pris le contrôle de Jérusalem pendant le califat d'Umar au 7e siècle.
Q : Quels sont les principaux sites religieux situés en Terre Sainte ?
R : Parmi les sites religieux importants situés en Terre Sainte, on trouve le Dôme du Rocher, le Mur occidental, le Mont du Temple, le Mont des Oliviers et bien d'autres encore.
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