Les camps de concentration d'Aurigny ont été construits et exploités par l'Allemagne nazie pendant l'occupation des îles anglo-normandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Les îles Anglo-Normandes étaient le seul territoire du Commonwealth britannique à avoir été occupé par les nazis. Les nazis ont construit quatre camps de concentration sur l'île d'Aurigny, sous-camps du camp de Neuengamme à l'extérieur de Hambourg. Ils ont été nommés d'après les îles Frisonnes : Lager Norderney, Lager Borkum, Lager Sylt et Lager Helgoland. L'organisation nazie Todt exploitait chaque sous-camp et utilisait le travail forcé pour construire des bunkers, des emplacements de canons, des abris anti-aériens et des fortifications en béton. Les camps commencèrent à fonctionner en janvier 1942 et comptaient une population totale d'environ 6 000 détenus.

Les camps de Borkum et d'Helgoland étaient des camps de travail "volontaires" (Hilfswillige) et les travailleurs de ces camps étaient traités durement mais un peu mieux que les détenus des camps de Sylt et de Norderney. Les prisonniers de Lager Sylt et de Lager Norderney étaient des travailleurs forcés à construire les nombreuses fortifications et installations militaires d'Aurigny. Le camp de Sylt détenait des travailleurs forcés juifs. Le camp de Norderney abritait des travailleurs forcés européens (généralement orientaux mais comprenant des Espagnols) et russes. Le Lager Borkum était utilisé pour les techniciens allemands et les "volontaires" de différents pays d'Europe. Le Lager Helgoland était rempli de travailleurs de l'organisation russe Todt.

En 1942, le Lager Norderney, contenant des prisonniers de guerre russes et polonais, et le Lager Sylt, contenant des Juifs, furent placés sous le contrôle du SS Hauptsturmführer Max List. Plus de 700 des détenus ont perdu la vie avant que les camps ne soient fermés et que les autres détenus ne soient transférés en Allemagne nazie en 1944.