Child working in a mine, early 19th century England. Laws on child labour, the Factory Acts, were passed in Britain in the 19th century. Children younger than nine were not allowed to work, those aged 9–16 could work 16 hours per day: Cotton Mills Act. In 1856, the law permitted child labour past age 9, for 60 hours per week, night or day. In 1901, the child labour age was raised to 12.[3][4]

Définition

Le travail des enfants désigne toute activité économique ou travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique, mental, social ou moral. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), on parle de travail des enfants lorsqu'une activité :

  • est dangereuse ou nuit à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant,
  • empêche l'enfant d'aller à l'école ou d'en bénéficier pleinement (par exemple, en l'obligeant à quitter l'école, à y être absent ou à combiner études et longues heures de travail),
  • est effectuée par des enfants en dessous de l'âge minimum fixé par la législation nationale ou les conventions internationales.

Les instruments internationaux clés sont la Convention n°138 (âge minimum d'admission à l'emploi) et la Convention n°182 (pire formes de travail des enfants). La Convention n°138 fixe en principe l'âge minimum à 15 ans (avec des exceptions pour 14 ans dans certains pays en développement) et autorise un travail léger à partir de 13 ans. La Convention n°182 cible les « pires formes » de travail des enfants (travail forcé, exploitation sexuelle, esclavage, recrutement d'enfants soldats, etc.) et recommande des mesures immédiates pour les éradiquer pour les moins de 18 ans.

Chiffres récents

Les estimations évoluent avec les enquêtes. Selon un rapport conjoint de l'OIT et de l'UNICEF (2021), la tendance mondiale au travail des enfants s'est inversée après des décennies de baisse : on estimait environ 160 millions d'enfants en situation de travail en 2020, soit une augmentation d'environ 8,4 millions par rapport à 2016. Parmi eux, près de 79 millions étaient exposés à un travail dangereux. La majorité des enfants travailleurs se trouvent dans l'agriculture et le secteur informel.

Formes et secteurs d'activité

Le travail des enfants prend des formes très variées :

  • Agriculture : c'est le secteur qui emploie le plus d'enfants (récolte, élevage, usage de machines ou produits chimiques dangereux).
  • Travail domestique : souvent caché, réalisé au domicile d'un employeur, avec des risques d'abus et d'isolement.
  • Industrie et artisanat informel : ateliers, petites manufactures, confection, chaussures, mines et carrières.
  • Exploitation sexuelle et pornographie : prostitution forcée, production de contenus sexuels.
  • Traite et servitude pour dette : enfants vendus ou mis en servitude pour régler des dettes familiales.
  • Recrutement dans des groupes armés : enfants soldats ou auxiliaires dans des conflits.
  • Travail dangereux : utilisation d'outils ou de produits nocifs, travail de nuit, charges lourdes, exposition à des substances toxiques.

Causes principales

Le travail des enfants résulte d'un ensemble de facteurs interdépendants :

  • Pauvreté : la raison la plus fréquente ; les familles ont besoin d'un revenu immédiat.
  • Accès insuffisant à l'éducation : écoles éloignées, de mauvaise qualité, ou coûts indirects (uniformes, transports).
  • Conflits et déplacements : fragilisation des familles, recourt au travail pour survivre.
  • Normes sociales et culturelles : attitudes tolérantes envers le travail précoce dans certaines communautés.
  • Faible application des lois : législation incomplète ou non respectée, absence de contrôles efficaces.
  • Pressions des chaînes d'approvisionnement : demande de bas coûts conduisant à externaliser la production vers des structures informelles.
  • Crises économiques et climatiques : récession, sécheresse ou catastrophes augmentent la vulnérabilité des ménages.

Conséquences pour l'enfant

Le travail précoce a des impacts durables :

  • retard éducatif ou abandon scolaire, et donc perspectives économiques limitées à l'avenir,
  • problèmes de santé physique (blessures, maladies liées à l'exposition à des produits dangereux) et psychologique (stress, traumatisme),
  • perte d'enfance et d'opportunités de socialisation et de développement,
  • risque de reproduction intergénérationnelle de la pauvreté et du travail précoce.

Les États ont la responsabilité principale de protéger les enfants : adopter des lois conformes aux conventions internationales, définir des âges minimums, interdire et sanctionner les pires formes de travail des enfants, et garantir l'accès à l'éducation et à la protection sociale. Mais d'autres acteurs jouent un rôle essentiel :

  • Entreprises : mettre en place des politiques de diligence raisonnable dans les chaînes d'approvisionnement et éviter de sous-traiter vers des structures exploitant des enfants.
  • Organisations de la société civile : signaler les cas, accompagner les familles et réintégrer les enfants scolarisés.
  • Communautés et familles : changer les normes locales et promouvoir la scolarisation.
  • Organisations internationales : soutien technique et financier pour les politiques publiques.

Mesures et solutions efficaces

Les réponses les plus efficaces combinent plusieurs approches :

  • Protection sociale (transferts monétaires, allocations familiales) pour réduire la pression économique.
  • Accès à une éducation publique, gratuite et de qualité avec des mesures pour éviter les abandons (cantines scolaires, transports, proximité).
  • Renforcement des lois et inspections du travail, couplé à des sanctions et à des mécanismes de protection pour les victimes.
  • Programmes de réinsertion : prise en charge, soins, formation et accompagnement psychosocial pour les enfants retirés du travail.
  • Transparence des chaînes d'approvisionnement et responsabilité des entreprises.
  • Sensibilisation des familles et des communautés sur les risques et les droits des enfants.

Points à retenir

Le travail des enfants est un phénomène complexe et multiforme. Si la pauvreté en est la cause principale, l'éradiquer exige une approche globale : lois, éducation, protection sociale, responsabilité des entreprises et efforts de prévention au niveau communautaire. Des progrès sont possibles, mais la pandémie de COVID‑19 et d'autres crises ont montré la fragilité des avancées et la nécessité d'actions soutenues et coordonnées.