Les plantes insectivores ont des feuilles qui sont faites comme des cruches ou des vessies qui attrapent les insectes. Aujourd'hui, on connaît cinq méthodes de piégeage différentes
- Les pièges (sarracénies) piègent les proies dans une feuille enroulée qui contient un réservoir d'enzymes digestives ou de bactéries.
- Les pièges à mouches utilisent des mucilages collants.
- Les pièges à ressort utilisent des mouvements rapides des feuilles.
- Les utriculaires aspirent leurs proies avec une vessie qui produit un vide interne.
- Les pièges à homard obligent les proies à se diriger vers un organe digestif avec des poils pointant vers l'intérieur.
Ces pièges sont tous classés comme actifs ou passifs. Le Triphyophyllum est une liane (une plante grimpante des forêts tropicales). Elle possède trois types de feuilles. En cas de besoin, elle déploie de longues feuilles. Ce sont des "mouches" passives qui cachent le mucus. Les feuilles de la plante ne poussent pas et ne bougent pas en réponse au déplacement des proies. La droséra des rochers, en revanche, est un papier tue-mouches actif. Toutes les espèces de rossolis sont capables de déplacer leurs tentacules collantes en réponse à un contact. Les tentacules sont très sensibles et se plient vers le centre de la feuille afin de mettre l'insecte en contact avec autant de glandes pédonculées que possible. Selon Darwin, le contact des pattes d'un petit moucheron avec un seul tentacule suffit à provoquer cette réaction. Cela favorise la capture et la digestion des proies.
Le piège à mouches de Vénus, Dionaea muscipula, fait partie d'un très petit groupe de plantes capables de se déplacer rapidement. Lorsqu'un insecte ou une araignée rampe le long des feuilles et touche un poil, le piège ne se referme que si un autre poil est touché dans les vingt secondes suivant le premier contact. La gâchette à deux contacts évite de gaspiller de l'énergie sur des objets sans valeur alimentaire.
Cas limites
Une plante carnivore doit attirer, tuer et digérer des proies. Elle doit ensuite tirer profit de la digestion de la proie. Dans la plupart des cas, cela produira des acides aminés et des ions d'ammonium. Dans certains cas, les plantes attrapent la proie, mais ne la digèrent pas. Elles sont plutôt en symbiose avec un autre organisme, qui se nourrit de la proie. Un de ces cas est celui de l'espèce de rossolis Roridula, qui forme une symbiose avec l'insecte assassin. Les insectes se nourrissent des insectes piégés. La plante profite des nutriments contenus dans les fèces des insectes.