Il existe cinq variantes :
Variante I
Il s'agit d'un canon en deux parties entre la main droite et la main gauche. C'est un "canon à l'octave" car la deuxième partie commence une octave plus bas que la première. Les mains jouent sur différents claviers afin de produire un son différent, comme un duo entre deux instruments. La mélodie du choral (cantus firmus) se fait entendre dans les pédales. Il est joué en longues notes avec des intervalles d'une mesure et demie entre chaque phrase. La musique du canon, jouée par les mains, sonne par endroits comme la forme du choral. Elle commence avec six notes qui descendent. Bach a peut-être fait cela délibérément pour suggérer la descente du Christ sur terre. Cette sorte de "symbolisme" ou de "peinture de mots", dans laquelle les notes de la musique montrent le sens des mots (ou ce que les mots étaient dans l'hymne original), est très courante dans la musique de Bach et dans beaucoup d'autres musiques de cette époque.
Variante II
Là encore, il y a un canon entre les mains et l'air du choral dans les pédales. Il s'agit d'une écriture stricte en trois parties (chaque main ne joue qu'une note à la fois, comme pour un instrument mélodique). Cette fois, il s'agit d'un "canon à la quinte" (la main droite commence sur le do, la main gauche imite une demi-mesure plus tard en commençant sur le fa inférieur). Le canon est basé sur les première et deuxième lignes du choral. Lorsque le début du canon revient vers la fin, il est syncopé. À la toute fin, les mains jouent une gamme qui monte. Bach a peut-être voulu que cela sonne comme des anges qui montent au ciel, ou comme l'âme qui monte.
Variante III
Le canon se trouve cette fois entre la main gauche et les pédales. Le canon se déplace principalement en crochets et est basé sur l'air du choral. La main droite joue une mélodie libre, et le choral s'accorde en notes longues dans la partie supérieure.
Variante IV
Cette variation comporte un nouvel air dans la main droite (mais une partie de sa forme générale provient de l'air du choral). Elle est très vivante (il y a souvent des démis-émiquaires, surtout vers la fin), et est très syncopée. Le bas de la main gauche joue le même air en canon, mais il ne se déplace qu'à la moitié de la vitesse de la partie supérieure. C'est ce qu'on appelle l'"augmentation". Le haut de la main gauche a une partie plus libre. La pédale permet d'accorder le choral en notes longues. Trois mesures avant la fin, nous entendons le motif BACH dans la main gauche. Ce sont les quatre notes que Bach utilise souvent pour représenter son nom.
Variation V
La dernière variation devient de plus en plus grandiose et se termine par un grand point culminant. Elle fonctionne bien lorsqu'elle est jouée comme dernière variation (au lieu de la variation du milieu comme dans la copie autographe).
Au début de cette variation, le canon est simplement la mélodie du choral. Il est joué par la main droite et la main gauche, mais cette fois-ci la main gauche le joue à l'envers (inversion). C'est un "canon à la sixième" (la main droite commence sur le do, puis la main gauche commence sur le mi en dessous). Plus tard, il devient un canon à la troisième. La pédale joue simplement une partie de basse (comme un instrument de basse continue).
Dans la section suivante, la main droite (marquée "forte") se déplace en notes rapides pendant que la pédale joue l'air du choral et la partie inférieure de la main gauche le joue en canon à l'envers à la seconde (la pédale commence sur le Do, le canon de la main gauche imite le début du Si). Ensuite, la main droite et la main gauche s'échangent et il y a un canon à la neuvième.
Dans la dernière section, marquée forte, la partie pédale joue l'air du choral à l'envers. À la toute fin, lorsque la musique atteint un point culminant, elle répète la dernière ligne du choral, en terminant sur la note la plus basse de la pédale : le do inférieur. Il y a un "stretto" : toutes les voix commencent la mélodie (ou une version de la mélodie) rapidement l'une après l'autre. À la toute fin, nous entendons à nouveau le motif BACH.