L'ardoise vierge, ou tabula rasa (qui signifie la même chose) était une idée philosophique de John Locke. Elle avait, comme beaucoup de philosophie, une histoire qui remontait à Aristote, mais c'est Locke qui l'a fait connaître à notre monde moderne :

On pense que les humains, lorsqu'ils naissent, n'ont pas d'expérience mentale ni de connaissances, et que tout s'apprend après leur croissance. En particulier, Locke pensait que toute connaissance provenait de données sensorielles, et que l'esprit est vide au début. Par "données sensorielles", on entend le processus de l'audition, de la vision, du toucher, etc.

L'idée de Locke a immédiatement été reprise par d'autres :

Nombreux sont ceux qui ont eu des vues similaires. Le fondateur du béhaviorisme, John B. Watson (1878-1938) :

Tout au long du XXe siècle, l'influence de l'évolution et de la génétique s'est heurtée à ces idées libérales. L'éthologie a prouvé qu'une grande partie du comportement animal était héréditaire, instinctif, (inné et permanent). Konrad Lorenz a soutenu que l'agression si évidente dans l'histoire de l'humanité était un jeu de comportement qui avait un avantage évolutif dans notre passé. Le domaine de la psychologie évolutionniste s'est attaché à examiner le rôle joué par l'évolution sur notre vie mentale. Si les humains partagent une histoire évolutionniste commune avec les autres animaux, il est probable que nous héritons de traits mentaux de notre évolution. La capacité humaine à apprendre une langue est héritée et revêt une importance pratique énorme. La façon dont notre esprit inconscient nous aide à traverser la vie est également très importante (bien que moins évidente). L'appareil qui effectue cette activité mentale est certainement hérité. Ce sont là quelques raisons pour lesquelles un certain nombre de publications récentes ont rejeté l'idée de Locke.