Le référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne a eu lieu le 23 juin 2016 au Royaume‑Uni et à Gibraltar. Il avait pour objet de décider si le Royaume‑Uni devait rester membre de l'Union européenne (UE) ou la quitter.
Contexte
Le référendum faisait suite à un engagement pris par le Parti conservateur lors de la campagne électorale de 2015 et à une promesse du Premier ministre de l'époque, David Cameron, visant à renégocier les relations du Royaume‑Uni avec l'UE puis à soumettre le résultat au vote populaire. Les débats publics ont porté sur des thèmes majeurs tels que la souveraineté nationale, l'immigration, les règles économiques et commerciales, ainsi que l'influence du droit européen sur le droit britannique.
Question et modalités
La question posée aux électeurs était formulée en termes simples : « Should the United Kingdom remain a member of the European Union or leave the European Union? » (en français : « Le Royaume‑Uni doit‑il rester membre de l'Union européenne ou la quitter ? »). Le scrutin était consultatif — le résultat n'avait pas, en soi, de force contraignante automatique — mais le gouvernement s'était engagé à respecter la décision du peuple.
- Scrutin : 23 juin 2016.
- Territoires concernés : l'ensemble du Royaume‑Uni et Gibraltar.
- Participation : élevée (environ 72,2 %).
- Électorat : environ 46 millions de personnes inscrites (chiffre arrondi).
Principaux acteurs et campagnes
Les camps principaux se sont organisés autour de deux slogans et groupes majeurs :
- Remain (« Rester ») — campagne menée sous le label Britain Stronger in Europe, soutenue par une large part des partis d'opposition, des chefs d'entreprise et des institutions financières, qui mettaient en garde contre les risques économiques d'une sortie.
- Leave (« Sortir ») — campagnes comme Vote Leave et Leave.EU, qui insistaient sur le contrôle des frontières, la reprise de la souveraineté nationale et la possibilité de conclure des accords commerciaux indépendants. La campagne Leave a aussi été marquée par des débats sur la véracité de certains slogans et estimations (notamment l'affichage d'un montant hypothétique destiné au NHS).
Résultats
Le résultat final a donné la victoire au camp du Leave avec 51,9 % des suffrages exprimés contre 48,1 % pour le camp du Remain. Cela représente, en valeur arrondie, environ 17,4 millions de votes pour la sortie et 16,1 millions pour le maintien.
Le scrutin a aussi montré des différences régionales marquées :
- L'Angleterre (à l'exception de quelques grandes villes) et le Pays de Galles ont globalement voté majoritairement pour le Leave.
- L'Écosse et l'Irlande du Nord ont voté majoritairement pour le Remain, comme aussi Gibraltar qui a massivement choisi de rester dans l'UE.
Conséquences immédiates
Le 24 juin 2016, le lendemain du scrutin, David Cameron a annoncé sa démission en tant que chef du Parti conservateur et Premier ministre. Il a quitté ses fonctions et a été remplacé par Theresa May le 13 juillet 2016. La victoire du Leave a déclenché d'importants mouvements politiques et économiques à court terme : chute de la livre sterling, volatilité sur les marchés, remaniements politiques et accentuation des divisions au sein des partis.
Suites politiques et juridiques
Bien que le référendum fût consultatif, le gouvernement britannique a engagé la procédure de retrait prévue par l'article 50 du Traité sur l'Union européenne. La Première ministre Theresa May a déclenché officiellement l'article 50 le 29 mars 2017, lançant une période de négociations et un délai de deux ans (prolongé par accords et prorogations) avec l'UE pour organiser les modalités de la sortie.
Le Royaume‑Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier 2020 (à 23h00 GMT), après adoption d'un accord de retrait. Une période de transition a ensuite couru jusqu'au 31 décembre 2020, pendant laquelle la plupart des règles européennes continuaient de s'appliquer, le temps de négocier le cadre des relations futures. Un accord-cadre sur les relations commerciales et de coopération (Trade and Cooperation Agreement) a été conclu fin décembre 2020 et est entré en application début 2021.
Impacts et débats à long terme
- Économiques : réorientation des échanges et nouvelles barrières commerciales avec l'UE, effets variables selon les secteurs, débats sur investissement, croissance et emploi.
- Politiques et constitutionnels : renaissance des demandes d'indépendance en Écosse, tensions en Irlande du Nord liées au protocole irlandais (gestion de la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande), recomposition des partis et divisions internes au Parti conservateur et au Parti travailliste.
- Sociaux : fin de la liberté de circulation entre le Royaume‑Uni et l'UE pour les citoyens britanniques et européens, évolutions des politiques d'immigration et d'emploi.
- Diplomatiques : redéfinition des relations du Royaume‑Uni avec ses partenaires européens et recherche de nouveaux accords commerciaux internationaux.
Notes finales
Le référendum de 2016 reste un événement majeur de l'histoire contemporaine du Royaume‑Uni et de l'Europe, aux conséquences durables et encore discutées aujourd'hui. Il a mis en lumière des fractures politiques, sociales et territoriales au sein du Royaume‑Uni et a posé des questions sur la gouvernance démocratique, l'information dans les campagnes politiques et la manière dont des décisions constitutionnelles importantes sont prises par voie référendaire.
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