Tutu (plante) — Coriaria, arbustes toxiques de Nouvelle‑Zélande
Tutu (genre Coriaria) regroupe plusieurs arbustes/arbres néo‑zélandais, connus pour leur toxicité (tutine) et leur rôle historique dans l'alimentation māori et les intoxications par le miel.
Présentation
Le nom courant tutu désigne plusieurs espèces du genre Coriaria, membres de la famille des Coriariaceae, présentes principalement en Nouvelle‑Zélande. Ce terme maori regroupe au moins six espèces indigènes qui se présentent sous forme d'arbustes ou de petits arbres. Bien que certaines parties du tutu aient été utilisées traditionnellement par les Māori après traitements spécifiques, la plante est majoritairement reconnue pour sa toxicité potentiellement mortelle.
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5 ImagesEspèces et caractéristiques
Parmi les espèces néo‑zélandaises appelées tutu figurent notamment :
- Coriaria angustissima
- Coriaria arborea
- Coriaria lurida
- Coriaria plumosa
- Coriaria pteridoides
- Coriaria sarmentosa
Ces plantes présentent des feuilles simples ou composées, des tiges parfois rubanées et des fruits en grappes qui ressemblent à de petites baies mais qui sont en réalité akènes entourés d'un réceptacle charnu. La sève et les graines contiennent des alcaloïdes neurotoxiques — généralement désignés sous le nom de tutine (ou tutin) — qui expliquent leur danger.
Distribution, écologie et interactions
Endémiques ou natifs des îles de Nouvelle‑Zélande, les tutu se rencontrent dans des habitats variés, des broussailles côtières aux forêts clairsemées. Ils jouent un rôle écologique local, fournissant nourriture et abri à des insectes et des oiseaux, mais peuvent aussi devenir source indirecte d'empoisonnement via le réseau trophique : certains insectes suceurs de sève se nourrissent de la sève toxique et excrètent un miellat contaminé que les abeilles domestiques récoltent.
Toxicité et intoxications par le miel
La toxicité du tutu réside surtout dans la sève et les graines. Les animaux d'élevage introduits lors de la colonisation européenne ont subi des pertes importantes après ingestion de parties de la plante. Un autre risque notable est le « miel de tutu » : les abeilles peuvent transformer le miellat laissé par des insectes suceurs en miel contenant des niveaux dangereux de tutine. Les intoxications humaines présentent des signes neurologiques (délire, convulsions), gastro‑intestinaux (vomissements) et, dans les cas graves, un coma. Des flambées historiques et des cas sporadiques continuent d'être signalés en Nouvelle‑Zélande.
Usages traditionnels et précautions
Avant l'arrivée des nouveaux intrants européens, les Māori obtenaient certaines préparations alimentaires à partir des fruits du tutu en retirant soigneusement les graines et en faisant bouillir la pulpe, souvent en mélange avec des algues râpées, pour obtenir une gelée fermentée (rehia). Ces méthodes réduisaient le risque mais exigeaient un savoir‑faire précis. Aujourd'hui, la prévention des intoxications passe par la vigilance des apiculteurs, la gestion des populations de plants autotoxiques à proximité des ruches et la sensibilisation des éleveurs et du public.
Faits notables et distinctions
Le tutu illustre comment une plante indigène peut être à la fois ressource culturelle et danger sanitaire. Sa toxicité particulière, transmise parfois via le miellat, en fait un cas d'étude important en toxicologie alimentaire et en gestion apicole. Les recherches contemporaines se concentrent sur la cartographie des zones à risque, la compréhension des mécanismes de transfert de tutine et l'élaboration de consignes pour réduire les incidents.
Questions et réponses
Q : Qu'est-ce que Tutu ?
R : Tutu est un nom commun d'origine Māori pour les plantes du genre Coriaria (Coriariaceae) que l'on trouve en Nouvelle-Zélande.
Q : Combien y a-t-il d'espèces de Tutu ?
R : Il existe six espèces indigènes de Tutu connues sous le nom de : Coriaria angustissima, Coriaria arborea, Coriaria lurida, Coriaria plumosa, Coriaria pteridoides et Coriaria sarmentosa.
Q : Ces plantes sont-elles des arbustes ou des arbres ?
R : Ces plantes sont soit des arbustes, soit des arbres ; certaines sont endémiques à la Nouvelle-Zélande.
Q : Quelle toxine contiennent-elles ?
R : La plupart des parties de la plante contiennent la neurotoxine tutine.
Q : Comment les Māori l'utilisaient-ils ?
R : Après avoir retiré les graines toxiques, les Māori préparaient une boisson à partir du fruit qu'ils faisaient souvent bouillir avec une sorte d'algue (rimu). La gelée obtenue (rehia) était ensuite fermentée.
Q : Comment peut-on produire du miel contenant du tutin ?
R : Le miel contenant de la tutine peut être produit par les abeilles mellifères qui se nourrissent du miellat produit par les insectes suceurs de sève (Scolypopa australis) qui se nourrissent de tutu. La toxine se trouve dans la sève du buisson Tutu qui est mangée par ces insectes, mais elle n'est pas entièrement digérée ; la sève non digérée contenant des sucres végétaux et de la tutine est excrétée sous forme de miellat sur les feuilles où les abeilles la récoltent, ce qui donne un miel toxique.
Q : Quand a-t-on enregistré pour la dernière fois en Nouvelle-Zélande des décès dus à l'ingestion de miel toxique ? R : Les derniers décès enregistrés à la suite de l'ingestion de miel toxique contenant du tutin ont eu lieu dans le Northland, en Nouvelle-Zélande, en 1890, bien que des épidémies sporadiques continuent de se produire.
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Auteur
AlegsaOnline.com Tutu (plante) — Coriaria, arbustes toxiques de Nouvelle‑Zélande Leandro Alegsa
URL: https://fr.alegsaonline.com/art/102178
Sources
- teara.govt.nz : "Broadleaf colonisers - Shrubs and small trees of the forest"
- environment.gov.au : "Australian Faunal Directory"
- nzfsa.govt.nz : Background on toxic honey
- nba.org.nz : "Tutu Bush and Toxic Honey"
- nzherald.co.nz : "Specialists expected tutin honey outbreak"
- beesonline.com : "Fact Sheet-Tutin Toxins in Honey"